Rien ne sert de courir…

A croire que la vie sociale dans notre pays est une course de pistard !

Qui a vu, bien que rarement télévisés, en haut d’une piste d’un vélodrome ces coureurs cyclistes aux cuisses inhumaines déployés pendant des minutes et des minutes et plus encore, toute leur éneTribunrgie pour faire… du surplace avant de plonger subitement vers le bas de la piste pour atteindre au cours des 200 derniers mètres des vitesses qui n’ont rien à envier à celles de nos deux roues motorisées de notre jeunesse, en sera vite persuadé !

C’est précisément ce à quoi peut faire penser le soudain emballement social qui a saisi le petit monde politico-médiatique.

Après bientôt quatre ans d’incantation : « mon ennemi, c’est la finance ! », « j’aime l’entreprise ! », « la reprise est là, bien qu’encore timide », « la courbe du chômage sera inversée dès la fin de l‘année », après avoir usé du recyclage des vieilles méthodes éculées allant de la fiscalité aux prélèvements confiscatoires aux allégements de charge perçus comme des effets d’aubaine, il reste 14 mois non pas pour convaincre mais pour se faire réélire ! A croire que la vie politique dans notre pays est un exemple de procrastination !

Alors, tels des pistards, après le surplace, fonçons… Tête baissée !

Lundi les partenaires sociaux ont ouvert les négociations de la convention d’Assurance chômage. La dernière, celle de 2014, avait judicieusement modifié les délais de carence sous prétexte d’économie et créer généreusement les droits rechargeables au titre de la solidarité…Chacun s’en est félicité en sachant que le déficit continuerait à se creuser. Peu importe, l’Etat donnera sa caution comme d’habitude… Comme d’habitude, le déficit fut de 4 milliards par an pour atteindre en toute logique les 26 milliards cumulés rendant la pérennité du système pour le moins problématique. Le Premier ministre, conscient de la gravité de la chose dans un pays qui a choisi le chômage de masse comme viatique, a affirmé devant la représentation nationale le 9 octobre 2014 qu’il n’y avait aucun tabou à réformer l’Assurance chômage…Puisque c’est dit pourquoi le faire, d’autant qu’il serait plus judicieux de refonder le système que de le réformer !

Mardi, le projet de loi El Khomri sur la réforme du code du travail est dévoilé. Voilà près de quatre ans que l’on parle de réformes de structures. Est-ce parce que la loi Macron n’est finalement que de l’eau tiède, que cette fois, après avoir pris ce qu’il croyait être les précautions d’usage via le rapport Badinter, le gouvernement à l’instar des grands timides lorsqu’ils leur arrivent de se mettre en colère, a décidé de taper fort. Toujours est-il et sans préjuger de la bonne fin du projet, en retardant les réformes de structure, en les concentrant sur un seul texte, en essayant de rattraper le temps perdu, le gouvernement ne peut empêcher à la fois d’exposer un texte déséquilibré entre la flexibilité et la sécurité pour finalement laisser à penser que le secteur public pour qui on s’est empressé de rétablir la franchise de jour de maladie est lui intouchable alors que précisément le poids de la fonction publique au sein de notre pays est un facteur majeur de son non redressement…

Mercredi, après avoir été passablement énervé pendant tout le quinquennat, notamment par la généralisation du tiers-payant, le corps médical entrent en négociation sur ses honoraires. On parle de passer subitement de 23 € la consultation de généraliste à 25€…Mon coiffeur est encore plus cher !

Voilà à coup sur notre printemps occupé ! Tous les fronts sont ouverts. Pourra-t-on encore une fois vaincre parce qu’on est les plus forts… ? On verra… mais une chose est certaine, rien ne sert de courir, il faut partir à point !

Hector Streby