Retour de vacances, les français retrouvés

Les vacances sont l’occasion de prendre le temps, d’écouter et de rencontrer ceux qui font la France qui travaillent et y vivent, et non pas ceux qui la dirigent ou ceux qui la commentent. L’Auvergne est en ce sens un lieu privilégie de repos de quiétude mais aussi d’étude et de réflexion, l’esprit n’étant jamais efficace dans la turbulence des événements, dans la course de l’actualité où le brillant l’emporte sur la solidité des jugements.

Inversement, un esprit qui serait resté dans la quiétude quotidienne, dans le confort d’une vie bien réglée ne parviendrait pas à tirer les leçons d’une vie qui doit mêler à la fois le superficiel et la réalité pour mesurer les principes qui la gouvernent.

Durant cette période de lectures et de rencontres, la France apparaît dans sa diversité comme dans son unité dans ces français qui certes n’ont pas changé depuis Jules César mais qui ont su intégrer les évolutions et les changements qui conduisent le progrès de toute nation. Car si la nation française s’interroge sur sa dimension identitaire, sur le rôle du politique, sur son choix européen, les français rencontrés manifestent toujours dès les premiers échanges la volonté de vivre ensemble, ensemble et non différemment, de vivre en France mais aussi entre français qui partagent des repères communs, car si ces derniers reconnaissent la France ils ne reconnaissent plus les politiques qui les gouvernent et certains français qui vivent à côté d’eux. Ils sont las de constater qu’il y a deux catégories : ceux qui font l’effort de participer à une nation avec ses droits et obligations et ceux qui revendiquent leur communautarisme, leurs spécificités pour exiger et non participer. Ceux qui tous les matins se lèvent et ceux qui restent tranquilles. Ceux qui prennent des initiatives et ceux qui se protègent. Ce sentiment est renforcé dans le monde rural qui ne comprend pas l’argent mis dans la politique de la ville et la fermeture de la gendarmerie et de la poste de leur canton.

Ce rejet individualiste ou d’isolement face à une mondialisation qui fait peur n’est pas lié totalement à la crise même si elle en amplifie les tenants, mais au sentiment d’inégalité qu’ils ressentent. On demande toujours aux mêmes semble être la phrase la plus entendue : Comment se fait-il que dans un pays à vocation touristique et qui veut le demeurer les musées restent fermés en juillet et en août le mardi, les hôtels n’offrent plus de restauration le dimanche soir et lundi afin de respecter les 35H.

Dans tous ces échanges j’ai retrouvé la volonté de faire mais l’impuissance d’agir, le désir d’initiative et la crainte d’être à contre courant.

En un mot, les français ne s’endorment pas mais se recroquevillent en l’absence de sens, de lisibilité, et de confiance, certains basculant dans les vieux démons d’une France qui regarde l’avenir avec un rétroviseur faisant fi des leçons d’une histoire dont l’anniversaire de la Libération de Paris nous rappelle les vieux réflexes de la ré-action ou de la révolution nationale.

Non la France n’est pas morte et les français veulent y croire mais à condition que le discours du politique soit clair, lisible et responsable, oui j’ai rencontré des français qui veulent résister mais aussi être reconnus.