Quelle place pour le régime obligatoire et le régime complémentaire ?

Le dernier dîner-débat de l’année 2013 était l’occasion de s’interroger sur la place du régime obligatoire et du régime complémentaire dans le système de santé français.

Pour traiter de ces enjeux, le Craps avait réuni :

  • Frédéric Van Roekeghem, directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS)
  • Christian Schmidt de la Brélie, directeur de Klésia, groupe paritaire de protection sociale leader sur la branche pharmacie
  • Thierry Beaudet, président de la Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN)
  • Jean-Manuel Kupiec, directeur général délégué de l’Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance (OCIRP).

Afin de cadrer le débat, Christian Schmidt de la Brélie rappelait tout d’abord une évidence. « Avec 192 milliards contre 25, il n’y a pas lieu de comparer les régimes obligatoire et complémentaire. La pérennité et la régulation de l’Ondam sont satisfaisantes mais il nous faut ajouter l’efficience économique, condition nécessaire, qui plus est dans un système évoluant vers l’assurantiel. »

Thierry Beaudet, président de la MGEN (régime obligatoire de l’éducation au sein du régime général, mutuelle mais aussi offreur de soins, puisque la MGEN pilote un réseau d’établissements), estime quant à lui que le système de santé demeure efficace, « parce que la CNAM est performante. Ce dispositif, le plus efficient, est pour nous le point de départ. »

« On observe un repli de l’intervention de l’assurance maladie obligatoire, et ce sans véritable débat public ! »

Toutefois, en raison du contexte macroéconomique, une « métamorphose silencieuse » semble se dessiner. « On observe un repli de l’intervention de l’assurance maladie obligatoire, et ce sans véritable débat public ! »

Jean-Manuel Kupiec abonde également en ce sens : « À la faveur du ralentissement économique s’opère une redistribution des cartes, or il ne faut surtout pas évoluer vers une santé à deux vitesses. Nous allons vers une démarche d’individualisation, on ne le crie pas sur les toits mais cela fait son chemin. Résultat, nous sommes en train, petit à petit, de casser un système. »

Nous sommes en train, petit à petit, de casser un système.

Ce constat est d’autant plus inquiétant que la protection sociale a fait ses preuves.