Dîner-débat : La Protection Sociale spécifique à la Communauté de Défense

Ce fut dans un cadre pour le moins singulier, dans le salon Napoléon, au Sénat, que Jacques FEYTIS, contrôleur général des Armées et Directeur des Ressources Humaines du Ministère de la Défense, nous a fait l’honneur d’introduire notre dernier dîner-débat sur le thème de la Protection Sociale spécifique à la Communauté de Défense, le 19 mai 2015.

Ce Chevalier de la Légion d’Honneur, et Chevalier dans l’Ordre National du Mérite commence par sensibiliser son public sur toute l’originalité que présente le Ministère des Armées dans son volet militaire et civil. Originalité dans le système de recrutement des nouveaux agents, originalité dans les caisses de retraite des militaires, originalité dans les enjeux de reconversion professionnelle, originalité dans la qualité de vie et conditions de travail des agents. Pour Jacques Feytis, l’enjeu est que « les agents civils et les agents militaires soient autant que possible à l’aise dans leur vie de famille que dans leur vie en société ». Et c’est pourquoi, prêt de « 100 millions d’euros par an sont dépensés pour la protection sociale ». Parce que pour notre orateur, la protection sociale dans la communauté de Défense se traduit à la fois par le soucis de confort des agents dans les casernes, tant dans leur disposition à partir en vacances, dans la garde d’enfants, ou encore dans l’accord de prêt au logement. La protection sociale c’est aussi « 650 assistantes sociales – ce qui représente notamment le plus grand réseau de France, à l’écoute du personnel actif, des familles comme des retraités ».

Selon Jacques Feytis, la protection sociale à la communauté de défense comprend 20 millions d’euros par an au profit des mutuelles référencées, telles que MCDEF, Harmonie Mutuelle ou UNEO. Elle est aussi représentée par la Caisse Nationale Militaire de Sécurité Sociale, la CNMSS. Et c’est avec sa plus grande honnêteté que notre intervenant nous avoue être « en tension forte avec la Sécurité Sociale qui voudrait banaliser notre établissement pour la transformer en une sorte de CPAM ». Pour J.FEYTIS : « Si nous perdions la CNMSS, nos militaires perdraient vraiment, en qualité de service ». En effet, la difficulté réside dans le transfert des dossiers d’un organisme sous tutelle de la Défense à un organisme non spécialiste des spécificités des assurés sociaux militaires et civils, soumis à une forte mobilité.

Jacques FEYTIS conclue ensuite son discours en partageant quelques contrastes existants entre les tendances actuelles et les capacités de la communauté de défense à s’adapter, notamment avec l’âge de la retraite et la diminution du nombre d’effectifs, ou encore le droit pour les militaires de participer à des élections locales et, bientôt, de se faire représenter par des associations professionnelles.

Jean Claude Mallet, intervient alors ensuite pour clôturer ce dîner débat en saluant chaleureusement notre orateur sur son discours « sans langue de bois », soulignant les perspectives du renforcement du dialogue social au sein de la communauté de Défense. Mettant également en évidence, le savoir faire de l’Armée dans la prise en compte des enjeux médico-technologiques dont notre société devrait parfois s’inspirer.