Vers une allocation de 400 euros par mois dès 18 ans ?

Réformer les minima sociaux pour les rendre « plus cohérents et plus équitables », telle est l’espérance de Christophe Sirugue, qui a remis son rapport au premier ministre, Manuel Valls, lundi 18 avril. Le député socialiste de Saône-et-Loire propose entre autres de fusionner les différents minima sociaux dans une allocation de 400 euros par mois et en ouvrir l’accès aux jeunes précaires dès l’âge de 18 ans.

Simplifier et ouvrir les dispositifs sociaux

« Il existe un réel besoin de lisibilité de nos dispositifs, de plus d’équité, et de favoriser l’accès aux droits sociaux. Il est essentiel de remettre de la cohérence dans un système où, parfois, à ressources équivalentes, on constate des situations très différentes », résume Christophe Sirugue dans une interview accordée à Libération. Pour remettre « la cohérence et l’égalité » à l’ordre du jour, Christophe Sirugue, député déjà très impliqué dans les mesures concernant la jeunesse et le monde étudiant, propose trois prises d’initiatives :

– maintenir les dispositifs existants, corrigés dans leurs paramètres, en allongeant par exemple certaines durées selon les allocations.

– fusionner plusieurs dispositifs pour n’en garder que cinq (sur dix) : un RSA conforté, l’allocation de solidarité spécifique (ASS) verrait son montant augmenté mais sa durée limitée à deux ans, l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) serait regroupée avec celle pour les adultes handicapés (AAH). L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et celle destinée aux demandeurs d’asile ne seraient pas affectées.

– fusionner tous les minima sociaux dans une couverture-socle avec deux compléments : une personne âgée de plus de 18 ans en situation de précarité bénéficierait ainsi d’une allocation de 400 euros, complétée selon si c’est une personne âgée et/ou en situation de handicap, ou qu’elle se trouve en situation d’insertion professionnelle.

Revenu minimum d’existence

Pour Christophe Sirugue, tout le monde mérite d’avoir une couverture-socle commune et une aide pour s’en sortir. Il compte d’ailleurs remettre la question de l’insertion sur le devant de la scène, en préconisant notamment une « recentralisation » du RSA à hauteur de 80%, l’obligation d’une certaine proportion de crédits destinés à l’insertion et l’idée d’un droit opposable à l’accompagnement.

Le député estime qu’une telle mesure coûterait environ 3,5 milliards d’euros. « Acceptons à gauche de dire qu’empêcher de voir un jeune commencer sa vie dans la précarité, ce n’est pas de l’assistanat mais de l’investissement. », conclut Christophe Sirugue, démontrant sa volonté d’aller de l’avant, un effort salué par le gouvernement. En effet, Le Monde nous informe que Manuel Valls a apporté son adhésion au projet : « L’ensemble des propositions visant à simplifier et harmoniser les prestations doivent être mises en œuvre très rapidement », a-t-il fait savoir via un communiqué. Le premier ministre souhaite également que les propositions « de plus long terme […] fassent l’objet d’un travail approfondi » permettant de s’engager dans une « réforme d’ampleur dans les prochains mois ». Des mesures devraient être prises dès 2017.

Source : studyrama.com