Vers des kits bon marché pour diagnostiquer le cancer

A partir d’ une technologie existante, une équipe russe espère un jour pouvoir mettre au point des traitements pour soigner la maladie d’Alzheimer ou le cancer.

L’équipe du docteur en pharmacologie Mikhaïl Pokrovski, à Belgorod, en Russie, a mis au point un test permettant de détecter en cinq minutes une grossesse chez une vache, quinze jours après l’insémination. Il sera commercialisé avant la fin 2016 entre 2,70 et 4 euros.

Les méthodes existantes permettent de déceler la grossesse chez les vaches au bout de deux mois. Or, les éleveurs de la région voudraient savoir le plus tôt possible si les bêtes sont pleines, afin, en cas d’échec, de reproduire la tentative rapidement. On sait que près d’un tiers des femelles ne sont pas fécondées du premier coup, ce qui entraîne les pertes pour les producteurs.

Ce test révolutionnaire a été conçu en se basant sur une technique découverte par le biochimiste argentin César Milstein et son collègue allemand Georges Köhler, Prix Nobel de médecine 1984. Mikhaïl Pokrovski et son équipe recréent des anticorps monoclonaux, ces protéines complexes utilisées par le système immunitaire pour détecter et neutraliser les agents pathogènes.

À quand des tests pour diagnostiquer des maladies humaines, comme la maladie d’Alzheimer? Ce n’est qu’une question de temps, car les technologies sont là.

Injecter des anticorps pour soigner

L’étape suivante serait d’injecter ces anticorps aux malades pour les soigner. «Imaginez une personne atteinte d’un cancer, explique M. Pokrovski. Son organisme produit des anticorps afin de combattre la maladie, mais leur quantité est insuffisante. Si la science parvenait à reproduire des anticorps identiques, on pourrait les injecter dans le corps malade afin de réparer les cellules cancéreuses.»

Un espoir notamment pour les victimes du cancer. Mais la fabrication de ces substances est encore loin d’être au point. Selon le professeur Pokrovski, la difficulté principale est liée au processus très complexe de la fabrication des substances contenant ces anticorps monoclonaux. «Dans le monde entier, les médecins n’en sont qu’aux débuts des recherches en la matière, explique-t-il. Nous ne sommes encore qu’à l’orée d’une voie certes très prometteuse, mais aussi très longue.»

Aujourd’hui, seuls 3 % des médicaments sont produits à base d’anticorps monoclonaux.

Source : lefigaro.fr