Une substance prometteuse pour traiter trois maladies tropicales

Des chercheurs ont identifié une substance capable de tuer les parasites responsables de trois maladies tropicales, dont la maladie du sommeil, qui affectent des millions de personnes en Afrique et en Amérique latine, selon une étude publiée lundi.

Pour l’instant toutefois, la substance baptisée GNF6702 n’a encore été testée avec succès que sur des souris, selon les chercheurs de l’Institut de génomique de la Fondation de recherche Novartis (GNF) à San Diego (Etats-Unis) dont les travaux sont rapportés dans la revue scientifique britannique Nature.

Les maladies en question – la maladie du sommeil, la maladie de Chagas et la leishmaniose – sont toutes provoquées par des parasites de la famille des kinétoplastidés transmises aux malades par des mouches ou des insectes. Elles continuent à tuer environ 50.000 personnes chaque année dans le monde.

Transmise par la mouche tsé-tsé et présente exclusivement en Afrique subsaharienne, la maladie du sommeil entraîne de fortes fièvres, des troubles de la coordination, une grande fatigue, une confusion mentale et des troubles du cycle du sommeil.

La maladie de Chagas est pour sa part apparue en Amérique latine avant de se propager à d’autres continents. Les symptômes sont variables mais dans 30% des cas, une forme chronique surgit des années après l’infection, avec des atteintes du muscle cardiaque ou des fonctions digestives qui peuvent conduire au décès.

La leishmaniose provoque de son côté des affections cutanées ou viscérales très invalidantes, voire mortelles si elles ne sont pas traitées. Selon l’OMS il y aurait environ 1,3 million de nouveaux cas par an chaque année, essentiellement en Amérique latine, en Afrique et en Asie du Sud.

Peu de fonds ont été consacrés jusqu’à présent à la recherche sur ces maladies, présentées comme des « maladies tropicales négligées » par l’OMS.

Les traitements actuels sont chers et ont souvent des effets secondaires importants, contrairement à la nouvelle substance testée sur la souris.

Selon Frantisek Supek, l’un des auteurs de l’étude, les parasites impliqués dans les trois maladies « ont une faiblesse commune » qui pourrait devenir la cible d’une nouvelle classe de médicaments.

Mais avant le lancement d’un essai clinique chez l’homme, des études de toxicité devront encore être menées.

Les travaux ont été financés par le Wellcome Trust et les Instituts nationaux américains de la santé (NIH).

Source : ladepeche.fr