Une place en crèche, c’est combien ?

La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) publie, dans le dernier numéro de sa lettre d’information « L’e-ssentiel », les résultats d’une étude sur « Les coûts de fonctionnement des crèches ». L’étude est d’ailleurs plus large que son intitulé, puisqu’elle couvre l’ensemble des établissements d’accueil du jeune enfant (Eaje) : crèches, mais aussi haltes-garderies, établissements multi-accueil, crèches parentales et familiales, micro-crèches…

Un prix de revient moyen horaire de 10,18 euros

Premier enseignement : le prix de revient moyen d’une heure de crèche est de 10,18 euros, tous statuts confondus, contre 8 euros en 2007, soit une hausse de 22,6% (à comparer avec une inflation de 10% sur la période). L’étude précise que ce prix de revient est « très variable », avec un écart-type de 3,3 euros.

Les écarts tiennent notamment au statut du gestionnaire de la structure. Le prix de revient moyen horaire est ainsi de 11,54 euros si le gestionnaire est une entreprise privée, de 10,64 euros s’il s’agit d’une structure publique (le plus souvent une collectivité) et de 9,25 euros en cas de gestion associative. La Cnaf précise toutefois qu' »il convient d’être prudent sur les comparaisons entre les Eaje relevant de différents statuts juridiques, dans la mesure où les gestionnaires relevant du secteur public ne comptabilisent pas en coûts complets l’ensemble des charges supportées ».

Sans surprise, la localisation de l’Eaje est un autre facteur explicatif des écarts. Le prix de revient moyen horaire va ainsi de 9,84 euros en zone rurale à 10,02 en zone urbaine, ce qui constitue un écart très limité. Mais il grimpe à 11,28 euros en agglomération parisienne. En revanche, le prix de revient varie peu selon le type d’accueil.

Trois quarts de dépenses de personnel

L’étude de la Cnaf se penche sur les déterminants du prix de revient. Les charges de personnel constituent bien sûr le principal poste de dépenses, avec 75% du total. Cette part peut varier selon le recours plus ou moins grand à l’externalisation de certaines tâches (repas, entretien intérieur…). Sous cette réserve, les coûts de personnel sont supérieurs lorsque le gestionnaire relève du secteur public : 9,28 euros par heure réalisée contre 6,83 euros pour un gestionnaire associatif et 6,52 euros pour les entreprises privées. En revanche l’étude relève « une moindre expérience professionnelle du personnel encadrant les enfants dans le secteur privé ».

Le second poste de dépense correspond aux charges liées à l’immobilier, avec près de 10% du prix de revient, pour une superficie moyenne de 11 m2 par place (mais seulement 8,75 m2 en région parisienne). L’étude apprend aussi que 48% des Eaje sont propriétaires de leurs locaux, 24% bénéficiaires de locaux mis à disposition et 28% locataires.

Vient ensuite le poste des achats, avec 7% du prix de revient, soit 0,70 euro par heure réalisée. Ces dépenses d’achat – qui « peuvent être considérées comme un indicateur du niveau de service délivré aux familles » – varient, elles aussi, selon le statut juridique : 1,07 euro par heure réalisée pour les entreprises, 0,81 euro pour les structures associatives et 0,61 euro pour les structures publiques.

D’où viennent les écarts de coûts ?

Au final, l’étude montre que le statut juridique constitue « le principal facteur explicatif des écarts de coûts entre crèches », même s’il ne représente que 11% de la variance des coûts. Plus précisément, le modèle montre que « toutes choses égales par ailleurs, le fait pour un Eaje d’avoir un gestionnaire public majore le prix de revient de 1,14 euro par rapport à un gestionnaire associatif et de 0,97 euro par rapport à un gestionnaire entreprise privée ». L’interprétation reste toutefois complexe, car de nombreux éléments peuvent intervenir, comme la qualité (par exemple, présence ou non d’un médecin dans l’équipe) et l’ancienneté des personnels.

Le taux d’occupation de la structure est autre facteur discriminant, qui explique 6,4% de la variance des coûts. Ainsi – et toutes choses égales par ailleurs -, 10% de taux d’occupation supplémentaire réduit le prix de revient de 56 centimes. Pour sa part, le recours à l’externalisation explique 6,1% des variations de coûts observées.

Il reste que tous les éléments de contexte propres à chaque structure (démographie locale, choix relatif à la qualité de l’accueil, politique salariale, plus ou moins grande appétence pour une gestion efficiente…) expliquent 75 % des variations des coûts de revient des Eaje.

Source : localtis.info