Une discipline en plein essor pour lutter contre le cancer

La technologie permet de localiser, voire détruire, les cellules cancéreuses. Un marché estimé à 5 milliards de dollars.

Détecter et localiser de manière précise et en trois dimensions, des tumeurs cancéreuses, même très petites, et dispersées dans tout l’organisme, et dans certains cas les détruire, c’est l’objet de la médecine nucléaire sur laquelle opère AAA. Les radiotraceurs, utilisés pour le diagnostic, émettent des rayonnements ionisants qui peuvent être détectés grâce à une gamma-camera (examen de scintigraphie) ou à une caméra à positons couplée à un scanner (examen PET Scan). « Le radiotraceur le plus utilisé est le FDG (fluoro-désoxyglucose), un sucre marqué au fluor 18, qui se fixe préférentiellement sur les cellules très consommatrices d’énergie que sont les cellules cancéreuses », explique Jean-Louis Alberini, chef du service de médecine nucléaire de l’Institut Curie à Paris.

Guerre des prix

L’arrivée, au cours de la dernière décennie, des poids lourds de l’imagerie (GE Healthcare, Fuji, Siemens) a conduit à une guerre des prix qui a laminé les marges et les petites sociétés spécialisées, lesquelles n’ont eu d’autre choix pour survivre que d’innover. D’autant que le FDG n’est pas pertinent dans la détection de toutes les tumeurs, et que d’autres applications en cardiologie (33 % des examens) ou en neurologie (2 %) sont apparues qui nécessitent d’autres produits. En outre, des applications thérapeutiques se développent avec des produits, dits de radiothérapie interne, qui non seulement ciblent les cellules tumorales mais les détruisent. Elles ne représentent aujourd’hui que 8 % du marché de la médecine nucléaire (contre 92 % pour le diagnostic), mais elles pourraient atteindre, selon certaines estimations, 50 % en 2030.

Au total, le marché est estimé à 5 milliards de dollars en 2016 et dominé par la société américaine de produits et services pour l’hôpital Cardinal Health (20 % du marché). A la fois utilisée pour le diagnostic et le traitement, la médecine nucléaire est un outil d’espoir dans la lutte contre le cancer. En 2015, le nombre de nouveaux cas de cette maladie en France métropolitaine est estimé à 385.000 et le nombre de décès à 149.500.

Source : lesechos.fr