Une cabine médicale testée à Roanne : le médecin du futur sera-t-il une machine ?

Dans la pharmacie mutualiste de Roanne, une petite cabine blanche a vu le jour. Sous ses allures de photomaton, il s’agit en réalité d’un poste de consultation médicale. Pour lutter contre la désertification médicale, de nombreux acteurs du Roannais s’allient derrière ce projet futuriste.

Cette cabine blanche est-elle le médecin du futur ? Peut-être pas, mais quand on entre dedans, on a bien l’impression d’être dans un autre monde. Toute blanche, une musique relaxante, des instruments médicaux : faire soi-même son bilan médical dans une ambiance agréable, tel est le but du projet.

L’entreprise H4D, littéralement Health for development, a créé cette cabine de consultation. Sous l’impulsion de Franck Baudino,  médecin, cette cabine se veut spécialisée dans la télémédecine. Déjà commune en Australie et au Canada, cette pratique est très peu utilisée en France… et pourtant, denombreux territoires se caractérisent par la désertification médicale.

À Roanne et dans ses alentours tout particulièrement, on manque cruellement de médecins généralistes. Le territoire roannais compte 110 médecins généralistes soit 89 praticiens pour 100.000 habitants. Si ce chiffre est déjà inférieur aux moyennes nationales (93,1), le plus grave est davantage l’âge de ces médecins. Les deux tiers ont plus de cinquante ans. Depuis plus d’un an maintenant, certains médecins roannais, constitués sous le collectif dit du « Printemps roannais » montrent leur mécontentement face à cette situation.

Pour Roannais Agglomération, cette télécabine pourrait être une option. Son but : permettre aux malades chroniques de faire leurs examens les plus courants en toute autonomie. En fonction de leurs résultats, le médecin traitant décide si un rendez-vous s’impose ou non. Si un rendez-vous est pris, les vérifications et observations de base seront déjà faites. Il y aurait donc un gain de temps. Dans le Roannais, il y a seulement onze ophtalmologistes pour 123 000 personnes.

Trois priorités sont visées par le projet dans un premier temps : le suivi des patients atteints de maladies chroniques comme l’hypertension artérielle ou l’insuffisance cardiaque, le renouvellement d’ordonnance et le dépistage de la rétinopathie diabétique.

Si dans six mois, les essais s’avèrent probants, alors la petite cabine blanche pourrait être généralisée à d’autres pharmacies. Reste à savoir ce qu’en penseront les médecins de la région.

Les acteurs à s’investir dans ce projet sont nombreux : l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne a apporté son expertise en organisation de système de santé, Roannais agglomération,  l’Agence du développement économique de la Loire, l’Usmar services et soins et la mutualité française (Loire).

Mais, l’engin n’a pas été fabriqué uniquement dans ce but. Il est aussi utile pour autonomiser chaque client, notamment les plus jeunes. En effet, aller chez le médecin peut sembler être quelque chose de rébarbatif pour les jeunes générations. Cette cabine connectée pourrait bien être une solution pour donner aux plus jeunes l’envie de prendre soin d’eux.

Pour l’instant, la télécabine est en libre service dans la pharmacie mutualiste de Roanne, mais la télémédecine n’est pas encore disponible. Le projet attend de recevoir l’agrément de l’Agence régionale de santé… ce qui ne devrait plus tarder. Une consultation pourrait alors sûrement avoir un prix. Rien n’a été fixé pour le moment.

Source : francebleu.fr