Un troisième mois d’affilée de baisse du chômage? Pas impossible…

Myriam El Khomri dévoilera ce vendredi à 18 heures les chiffres du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi du mois de mai. D’après l’Insee, la baisse du chômage devrait se poursuivre tout au long de l’année.

Sur le front de l’emploi, la France va doucement mieux. En mars et avril, deux mois consécutifs, le chômage a baissé dans le pays. Cela ne s’était pas vu depuis cinq ans! Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A affiche même un reflux de près de 70.000 sur les quatre premiers mois de l’année, l’équivalent de la population d’une ville comme Dunkerque, une performance inédite depuis février 2008, soit le début du quinquennat… de Nicolas Sarkozy. Le reflux d’avril porte surtout à 7 le nombre de baisses du chômage enregistrées en 11 mois (dont 5 depuis que Myriam El Khomri a été nommée ministre du Travail en septembre) et sur un total de 11 depuis l’élection de François Hollande en mai 2012.

Au final, il y avait fin avril 3,511 millions d’inscrits en catégorie A en métropole à Pôle emploi et 3,766 millions en France entière. Après cette belle séquence, le gouvernement espère une nouvelle confirmation, ce vendredi soir, de l’inversion de la courbe de chômage -chère au chef de l’État qui y a conditionné son concours à la présidentielle de 2017.

À 18 heures, la ministre du travail, Myriam El Khomri, dévoilera les chiffres du mois de mai. Même si la tendance de fond pour le reste de l’année devrait rester positive, un soubresaut dans le rouge n’est pas à exclure. Il ne remettrait d’ailleurs pas en cause les analyses des économistes. Selon la dernière note de l’Insee, le taux de chômage devrait baisser de 0,4 point d’ici à fin 2016, pour s’établir à 9,5% de la population active en métropole (et 9,8% en incluant l’outre-mer).

Surveiller la montée des formations

Cette amélioration s’expliquerait par l’accélération des créations d’emplois salariés dans le secteur marchand. L’institut anticipe quelque 139.000 créations de postes cette année, favorisés notamment par les différents dispositifs de baisse de charge déployés par le gouvernement depuis trois ans: crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, pacte de responsabilité, dispositif embauche PME… Sur le seul premier trimestre, le compteur est déjà à 40.400 emplois créés dans les secteurs principalement marchands.

A plus court terme, il faudra observer de près vendredi l’évolution des demandeurs d’emploi en catégorie D, qui comprend notamment les chômeurs en formation. Jusqu’à présent le plan «500.000 formations pour les chômeurs» lancé par François Hollande en janvier ne s’est pas traduit par de grands mouvements statistiques. Les régions et Pôle emploi ayant bien entamé le mouvement avant l’été, il est probable qu’un début de transfert des chômeurs de catégorie A vers la catégorie D soit visible à partir de mai.

Tout n’est pas pour autant gagné pour le gouvernement. Si la tendance est clairement à l’amélioration, on n’en est pas encore à une inflexion durable. François Hollande, qui a lié sa candidature à sa propre succession à une inversion de la courbe, affiche toujours au compteur 637.100 chômeurs de plus en catégorie A. Soit l’équivalent de trois villes comme Bordeaux…

Source : lefigaro.fr