Un RSA accessible aux jeunes dès 18 ans: Tout comprendre à la mesure

C’est l’une des pistes avancées par Christophe Sirugue, député PS de Saône-et-Loire dans un rapport intitulé « Repenser les minima sociaux », remis ce lundi à Manuel Valls…

« Empêcher de voir un jeune commencer sa vie dans la précarité, ce n’est pas de l’assistanat mais de l’investissement ». C’est en ces termes que Christophe Sirugue, député PS, auteur du rapport « Repenser les minima sociaux », justifie l’esprit des mesures qu’il doit défendre ce lundi 18 avril à Matignon. Parmi les pistes avancées dans le document, l’extension du RSA (Revenue de solidarité active) aux jeunes de 18-24 ans promet un débat animé au sein de la classe politique. En quoi consiste ce « RSA jeune » et qui sera concerné ? 20minutes fait le point.

« Une couverture socle commune »

Dans une interview accordée à Libération, Christophe Sirugue, qui est également le rapporteur de la très controversée loi Travail, évoque trois scénarios envisagés. Celui qu’il recommande consiste à mettre en place une « couverture socle commune » d’un montant de 400 euros dont pourront bénéficier les jeunes actifs dès 18 ans complétés par un « complément d’insertion » (100 euros supplémentaires) et un « complément de soutien » pour les personnes handicapées ou les personnes âgées.

Pour Nadia Okbani, doctorante en science politique au Centre Émile Durkheim et attachée temporaire d’enseignement de recherche à l’université Paris-Descartes, cette mesure est un signal fort envoyé à destination de la jeunesse : « On a fixé l’âge minimum des bénéficiaires du RSA à 25 ans en partant du principe que les jeunes pouvaient compter sur une « solidarité familiale ». Si cela est vrai pour les enfants issus de la classe moyenne, les jeunes qui vivent dans une famille précaire vont connaître à leur tour la précarité ».

L’enseignante s’interroge toutefois sur le montant annoncé par Christophe Sirugue : « Pourquoi 400 euros ? Aujourd’hui le RSA est fixé à 452 euros. Il est important de regarder le revenu final dont vont pouvoir bénéficier les jeunes précaires: si le futur montant s’avère moins élevé que le montant actuel dont peuvent bénéficier les jeunes avec les APL ou autres, cela risque de ne pas peser sur la lutte contre la pauvreté ».
L’objectif du scénario avancé par l’élu consiste à remplacer dix minima sociaux par cette couverture socle dont l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (ASPA), l’allocation adultes handicapés (AAH) ou encore l’allocation pour demandeur d’asile (ADA).

Supprimer les restrictions

Autre souhait de l’auteur du rapport, supprimer les restrictions d’accès pour les jeunes et offrir plus de clarté et de visibilité. Une nécessité pour Nadia Okbani : . Il y a un véritable souci au niveau de la connaissance des droits des bénéficiaires. On crée des prestations, on crée des impôts et des mécanismes de récoltes pour les financer et au final elles sont peu utilisées ». Une réalité à prendre en compte puisque le coût de cette « refonte » des minima sociaux est évalué au maximum à 6,6 milliards d’euros, un montant qui ne prend pas en compte les économies qui seraient effectuées sur les prestations familiales.

Une annonce qui pourrait être positivement accueillie par les syndicats de lycéens et d’étudiants puisque l’extension du RSA avant 25 ans faisait partie de leurs revendications. Dans un rapport publié en 2013 par le Secours catholique, l’association précisait que parmi « les 16 % de personnes accueillies ne percevant aucune ressource, une part importante concerne les jeunes de moins de 25 ans ».

Source : 20minutes.fr