Un mode de vie sain pour prévenir le cancer

La plupart des cancers peuvent être prévenus tout simplement en adoptant de saines habitudes de vie.

Une analyse récente confirme que les personnes qui respectent les recommanda­tions officielles de prévention du cancer sont beaucoup moins à risque d’être touchées par cette maladie.

On dit souvent qu’il vaut mieux prévenir que guérir et c’est certainement vrai pour des maladies aussi complexes et difficiles à traiter que le cancer. En ce sens, un des développements les plus excitants de la recherche des dernières années est sans doute la démonstration que la plupart des cancers peuvent effectivement être prévenus, tout simplement en adoptant de saines habitudes de vie. Les orga­nismes de lutte contre le cancer, en particulier le World Cancer Research Fund (WCRF), ont résumé les grandes lignes de cette approche préventive sous la forme de huit grandes recommandations (voir tableau).
Recommandations efficaces

À part l’arrêt du tabagisme, beaucoup de gens ont de la difficulté à accepter que des changements aussi simples des habitudes de vie peuvent avoir une telle influence sur le risque de cancer.

Pourtant, l’impact positif de ces recommandations est on ne peut plus réel: par exemple, une analyse récente de 12 importantes études prospectives réalisées au cours des 10 dernières années montre que l’adhésion aux recommandations officielles des agences est associée à une réduction majeure de l’incidence globale de cancer (de 10 à 45 %) et de la mortalité causée par cette maladie (de 14 à 61 %)1. Cet effet protecteur est particulièrement important pour le cancer du sein (19 à 60 %), de l’utérus (23 à 60 %) et du côlon (27 à 52 %).
Les variations en pourcentage sont expliquées par le fait que plus les personnes adhéraient strictement aux recommandations, plus la réduction du risque était importante, confirmant du même coup de façon remarquable l’impact majeur du mode de vie sur la prévention de cette maladie.

Effets métaboliques

Les résultats d’une nouvelle étude clinique réalisée auprès de personnes sédentaires et en surpoids (et donc à plus haut risque de cancer) sont une bonne illustration du potentiel anticancéreux associé à un mode de vie sain2. Des scientifiques du Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle ont en effet montré que des femmes en surpoids et sédentaires soumises à un régime alimentaire rigoureux (2000 kcal par jour) et à un exercice physique régulier (45 minutes par jour, 5 jours par semaine) sur une période d’une année présentaient une baisse significative des niveaux sanguins de plusieurs protéines procancéreuses (VEGF, PAI-I, PEDF), qui sont associées à un mauvais pronostic de la maladie.

Cette réduction semble principalement liée à une perte de poids chez les participantes à l’étude, ce qui confirme, au niveau moléculaire des marqueurs biochimiques de la maladie, l’importance de maintenir un poids corporel santé (IMC entre 21 et 23) pour réduire le risque de cancer, tel que le recommande le World Cancer Research Fund, à partir de la compilation de 400 000 études.
Nous sommes donc loin d’être aussi démunis qu’on le pense face au cancer et il est possible de combattre activement cette maladie en intégrant le plus possible à notre mode de vie quotidien les recommandations officielles des agences mondiales de lutte contre le cancer.

Source : journaldemontreal.com