Un contrat de médecin-assistant pour lutter contre les déserts médicaux

Ni remplaçant, ni collaborateur, le médecin-assistant pourra épauler les généralistes débordés dans les zones sous-dotées et pourquoi pas, à terme, s’y installer.

Comment faciliter l’accès aux soins dans les déserts médicaux ? Dans les Hauts-de-France, une association de jeunes généralistes a mis en place une réponse simple et efficace, celui de médecin assistant, un statut à mi-chemin entre le collaborateur et le remplaçant.

Boollezeele, à 30km de Dunkerque. Un seul médecin à dix kilomètres à la ronde. La situation est banale en zone rurale, où il est de plus en plus difficile d’attirer de jeunes généralistes.

Le Dr Aurore Klouda est la toute première généraliste à avoir signé un contrat de médecin-assistant. Elle ne lui trouve que des avantages. « Si je n’étais pas assistante ici, je serais remplaçante, comme beaucoup de jeunes médecins. Je ferais une semaine dans un cabinet, quinze jours dans l’autre, une semaine à la maison… Je changerais beaucoup d’endroit. Voilà pour moi. Et pour le cabinet, ici, il y aurait beaucoup de plages horaires fermées. Par exemple le mercredi matin ou le vendredi, il n’y aurait personne. C’est du temps médical proposé en plus pour la population locale », explique la généraliste de Boollezeele.

Les avantages du remplacement sans les contraintes de l’installation

Cela peut paraître étonnant, mais le statut d’assistant n’est pas nouveau. Depuis des années, il était autorisé par le code de la santé publique, mais dans un cadre très limité.

« Il était réservé à des conditions extrêmement précises, à savoir les afflux de population par exemple sur les zones côtières en période estivale. Mais ces conditions étaient perçues de manière assez restrictive par le Conseil de l’Ordre et l’assistanat n’était pas très bien vu. Cela posait notamment des problèmes vis à vis de l’indépendance professionnelle… », précise Jean-Philippe Platel, vice-président du Conseil départemental de l’Ordre des Médecins Nord.

Une vision du métier dépassée aux yeux de jeunes généralistes des Hauts-de-France, qui ont réussi à convaincre le Conseil de l’Ordre d’élargir les conditions d’exercice des médecins assistants.

Très souple, le contrat d’assistant a tous les avantages d’un remplacement sans les contraintes d’une installation. Il est flexible : il dure un mois minimum et peut être renouvelé pendant deux ans. Pratique aussi, car contrairement à l’installation en cabinet, les démarches administratives auprès du Conseil de l’Ordre, de l’Urssaf, ou de la Sécurité sociale sont limitées. Ce nouveau contrat permet également à l’assistant de travailler aux côtés d’un titulaire expérimenté, et d’encourager le compagnonnage. Autant de bons points qui pourraient bien à terme, donner envie aux jeunes médecins de s’installer. « Quand on apprend à connaître des gens, à apprécier un lieu, si on s’y sent bien, on finit par y rester mais il faut tenter sa chance. Le fait que le contrat d’assistant ne soit pas contraignant au niveau administratif, qu’on puisse le faire et entre guillemets partir si ça va pas, ben on se lance plus vite », confirme le Dr Klouda.

Ce nouveau contrat d’assistant est né dans les Hauts-de-France mais il a de beaux jours devant lui. Le ministère de la Santé envisagerait même de l’étendre à tout le territoire.

Si vous êtes médecin et que vous souhaitez en savoir plus sur ces nouveaux contrats d’assistant, l’association de jeunes généralistes à l’origine du projet a mis en place un site de petites annonces appelé Remplanor.

Source : francetvinfo.fr