Ubérisation de la santé : vers une élimination des médecins ?

Invité de l’émission santé de LCI, le vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins Jacques Lucas a évoqué « l’ubérisation » du domaine de la santé et l’éventuelle menace qui inquiète les praticiens.

Uberisation : du nom de l’entreprise Uber de chauffeurs privés, le mot est devenu incontournable d’un changement de mentalité et d’approche dans de nombreux domaine de l’économie. Ce nouveau moyen de mise en relation directe de professionnels et de clients via les nouvelles technologies fait de plus en plus peur. Et la santé n’est pas épargné par le phénomène. Une énorme révolution, comme l’explique Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins, et l’avènement du médecin global.

Vers une possible disparition des médecins généralistes ?

A la question de savoir si l’ubérisation de la santé ne va pas tout bonnement « éliminer » le médecin, Jacques Lucas répond par la négative : « Non. Une personne posera une question par le biais d’une plateforme et fournira certaines données. Celles-ci seront collectées et par la suite la personne mise en relation avec un professionnel de la santé ou un médecin qui lui délivrera une réponse. » Une relation en somme maintenue, mais virtuelle…

Fini dès lors la longue attente anxiogène ? Fini la consultation en boucle de tous nos symptômes sur la toile et l’angoisse d’avoir développé un cancer généralisé ? Pas sur, car le domaine de la santé est extrêmement réglementé et l’Ordre des médecins a dors et déjà lancé une mission pour : « examiner la conformité de diverses prestations médicales en ligne », et s’assurer qu’elles respectent la déontologie médicale. C’est Le Dr Jacques Lucas, vice-président de l’Ordre et délégué général aux systèmes d’information en santé qui pilotera cette mission et qui formulera début 2016 des propositions concrètes sur l’évolution de la réglementation.

Mais ce que craint véritablement l’Ordre, c’est que la pratique médicale soit réduite « à une simple prestation électronique moyennant rétribution, via des plateformes du secteur marchand ».

Source : lci.tf1.fr