Trisomie 21 : le dépistage pose question

Récemment recommandé par la Haute Autorité de santé (HAS), le dépistage prénatal non invasif (DPNI) permet d’identifier de façon précoce et fiable la trisomie 21. La généralisation de ce test n’est pas sans soulever de nouvelles questions de conscience.

Le 17 mai 2017, la Haute Autorité de santé (HAS) a émis des recommandations sur la généralisation d’un nouveau test de dépistage de la trisomie 21. Plus précoce que ceux utilisés jusqu’alors, explique La Croix, le dépistage prénatal non invasif (DPNI) permet d' »établir avec une fiabilité de 99% la probabilité que le fœtus soit porteur ou non de la trisomie 21″.

Ce test, qui identifie l’ADN du fœtus présent dans le sang de la mère, se pratique autour de la 12e semaine d’aménorrhée. Il est réalisé chez les femmes susceptibles de mettre au monde un enfant trisomique, selon les tests effectués au premier trimestre de grossesse, détaille le quotidien.

Sa généralisation devrait ainsi éviter les 11.000 amniocentèses (prélèvement de liquide amniotique) et biopsies de trophoblastes (prélèvement de cellules préplacentaires) réalisées chaque année. Deux examens risqués, responsables de 0,1% de fausses-couches.

Chaque année, « 58.000 femmes entreront dans ce processus de test amplifié », écrit La Croix. « Avec une angoisse accrue à la clé », celle du choix individuel d’interrompre ou non la grossesse.

D’où la poursuite d’un débat maintenant déjà bien connu, que résume Jean-François Mattei : pour le généticien et ancien ministre de la Santé, « l’addition de toutes ces décisions individuelles dessine une société eugéniste » qui tend à discriminer et éliminer les « anormaux ».

Avec les progrès de la médecine, d’autres maladies pourraient être dépistées précocement à l’avenir. Comme la mucoviscidose, la drépanocytose ou la maladie de Huntington, énumère le Dr Gilles Grangé, gynécologue à la maternité de Port-Royal. Dans ce contexte, juge Jean-François Mattéi, « on ne peut pas se défausser ainsi sur les parents et leur laisser la responsabilité de ce choix écrasant. Il faut que la société les aide bien davantage à pouvoir accueillir un enfant handicapé ».

Source : mutualite.fr