Travail : la révolution robot arrive

Les avancées technologiques dans les domaines de la robotique, de l’intelligence artificielle ou encore de la réalité augmentée vont bouleverser l’économie mondiale. C’est ce que dévoile un rapport établi par Dell et «l’Institut pour le Futur», «think tank» californien.

Les robots vont-ils remplacer les humains ? La question a taraudé nombre de fois les esprits des scientifiques comme des travailleurs. Ce sont vingt experts du domaine numérique, universitaires et professionnels qui se sont penchés sur cette question. Ils ont conclu que 85 % des emplois de 2030 n’existent même pas encore aujourd’hui.

Pour faire plus simple, un jeune actif aujourd’hui a cinq chances sur six d’occuper, en 2030, un métier inexistant à l’heure actuelle.

Selon eux, notre monde entre dans la deuxième phase de développement numérique. La troisième étant tout simplement l’apparition d’un «être humain virtuel» comme les films les plus futuristes ont pu déjà porter à l’écran. D’ici les prochaines années, selon cette étude, les robots ou machines viendront peu à peu remplacer les humains. Dotés de la même intelligence et de la même capacité à gérer les problèmes, ils seront capables comme un travailleur d’aujourd’hui d’effectuer des tâches similaires. Un fait loin d’être nouveau. Il y a quelques années, il n’était pas rare d’entendre les inquiétudes concernant les caisses automatiques placées dans les supermarchés.

Selon ces experts, ce développement va continuer. Pis encore, l’étude pointe une exacerbation de la mobilité des salariés. Selon le Bureau du Travail américain les actuels étudiants, à l’âge de 38 ans, auront déjà exercé huit voire dix emplois différents et ceux-ci seront différents des études qu’ils auront effectuées. Renouvellement des connaissances et capacité d’adaptation devront être de rigueur pour suivre cette évolution du monde du travail. «La capacité à acquérir un nouveau savoir vaudra plus que le savoir déjà appris», affirment les experts.

L’étude commandée par le constructeur informatique Dell ajoute que nombre de personnes seront sans poste fixe et gagneront leurs vies en cumulant différents emplois auprès d’employeurs multiples. Comment les humains vont-ils cohabiter avec leurs nouveaux collègues robotisés ? La complémentarité sera le maître mot. Pour les experts cette collaboration «nouvelle génération» aura un impact «significatif tant sur les individus que sur les organisations».

Moins optimiste pour les salariés actuels, selon une étude du Guardian citée dans le rapport, une délocalisation d’une entreprise permet d’économiser jusqu’à 65 % sur le coût du travail quand une robotisation permet 90 % d’économies.

De tels constats peuvent alarmer. Un sondage réalisé auprès de 4 000 décideurs mondiaux pointe que la moitié d’entre eux ignorent à quoi ressemblera leur industrie en 2020.

Des incertitudes qui provoquent la crainte d’être «obsolètes» pour 45 % d’entre eux d’ici trois à cinq ans. Qu’en est-il des salariés ? L’étude tente tant bien que mal un bilan positif en traitant l’angle de la mobilité sous l’aspect création d’opportunités. Selon ces experts, une nomadisation des travailleurs ferait tomber les frontières et les décalages horaires. Un habitant du Texas pourrait donc travailler dans le numérique sans forcément se déplacer. Une solution aux problèmes de mutations économiques. Reste que cette étude ne parle pas des conflits sociaux et ne précise pas comment l’économie pourrait réellement fonctionner.

Source : ladepeche.fr