Le travail des femmes pourrait faire bondir le PIB mondial

Réduire l’écart entre le taux d’activité des hommes et celui des femmes, ne serait-ce que de 25 %, permettrait d’injecter 5800 milliards de dollars dans l’économie mondiale, rien que sur les salaires.

Année après année, le même constat. Les femmes sont sous-employées par rapport aux hommes – la différence est de 27 % à l’échelle mondiale -, elles sont plus touchées par le chômage et sont moins bien payées, alerte un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT). En Europe, plus elles grimpent dans la hiérarchie, plus l’écart augmente: de 20 % en moyenne à 40 % pour les PDG et 50 % sur les 1 % des salaires les plus élevés.

Une première étape est d’aider les femmes à entrer sur le marché du travail, insiste l’OIT. Réduire l’écart du taux d’activité, ne serait-ce que de 25 %, selon l’engagement pris par le G20 d’ici à 2025, permettrait d’injecter 5800 milliards de dollars dans l’économie mondiale, rien que sur les salaires. Sans compter la contribution de cette main-d’œuvre supplémentaire – évaluée à 203,9 millions de femmes – à la croissance. L’OIT chiffre le surcroît de recettes fiscales à 1500 milliards, juste sur l’impôt sur le revenu.

«L’impact pourrait être plus important si on réduit l’écart salarial et si on casse le “plafond de verre” qui contraint leur avancement. Nous devons modifier notre conception du rôle de la femme dans le monde du travail», note Steven Tobin, principal auteur du rapport. Il plaide pour un meilleur équilibre entre vie privée et professionnelle. À ce titre, l’OIT salue la promesse d’Emmanuel Macron de généraliser le congé maternité. «Il ne faut plus penser en coût, mais en investissement», insiste l’expert. Si l’objectif du G20 était atteint, la retombée pour l’économie française serait de 44,3 milliards d’euros.

Source : lefigaro.fr