Transport sanitaire: Vive le covoiturage !

À quand un BlaBlaCar pour les malades? Le transport sanitaire partagé concerne aujourd’hui moins d’un trajet sur cinq mais il se développe. Économique, écologique et convivial… Ceux qui l’utilisent sont séduits.

Les dépenses liées au transport sanitaire ont presque doublé en dix ans, passant de 2,3 à 4 milliards d’euros entre 2003 et 2013. Cela s’explique en partie par le regroupement de services obligeant les patients à se rendre dans des centres hospitaliers plus loin de chez eux, au développement de la médecine ambulatoire… mais aussi à quelques abus dont l’Assurance- maladie fait les frais.

« Généraliser le covoiturage sanitaire permettrait une économie de 600 millions par an, estime Thierry Schifano, président de la FNTS (Fédération nationale des transporteurs sanitaires). Cela peut concerner les transports assis, en VSL (véhicule sanitaire léger) ou en taxi conventionné. Utilisés notamment pour les trajets répétitifs des soins de radiothérapie, chimiothérapie, hémodialyse, rééducation fonctionnelle et l’hospitalisation de jour en psychiatrie. »

La réduction de coût est chiffrée à 25 % pour deux personnes à bord et à 40 % pour trois. Elle profiterait principalement à l’Assurance-maladie, les usagers étant remboursés à 65 % par la Sécurité sociale (plus le complément de la mutuelle). Avec une prise en charge à 100 % en cas d’affections de longue durée comme le cancer, ou pour les femmes à partir du 6e mois de grossesse.

ENCORE MAL CONNU

Selon une étude récente d’Ipsos Healthcare au niveau national, seule une personne sur deux a entendu parler du transport sanitaire partagé, mais 69 % s’y déclarent favorables. Économique, puisque les frais sont partagés, convivial, écologique : les patients interrogés y voient beaucoup d’avantages… à condition d’être prévenus à l’avance! Les regroupements « sauvages » pratiqués par certains établissements ne sont pas toujours appréciés.

UNE EXPÉRIENCE PILOTE

Pour développer le covoiturage, la FNTS le teste depuis trois ans dans plusieurs départements (Alpes-Maritimes, Aude, Bouches-du-Rhône Pas-de-Calais, Ile-de-France…) en collaboration avec une trentaine d’établissements, des entreprises de transport et les caisses primaires. « L’hôpital ou le transporteur contacte le patient pour le lui proposer, s’il est d’accord et si son état s’y prête. Les parcours sont optimisés en fonction des lieux de résidence et des heures de rendez-vous, pour éviter les détours et les attentes. Les réactions sont très positives, c’est l’occasion pour les usagers de parler d’autre chose que de la maladie et de s’encourager », constate Thierry Schifano. Cette expérience devrait bientôt s’étendre au niveau national et le lancement d’une appli pour smartphone est prévu. 

ROSECAR : DES TRAJETS PARTAGÉS EN CAS DE CANCER DU SEIN

Taxis conventionnés introuvables, parkings des hôpitaux saturés, aidants débordés… Se rendre à l’hôpital 45 jours d’affilée pour des séances de radiothérapie, ce n’est pas toujours facile. L’association Rose a donc lancé, en partenariat avec Orange, une plateforme gratuite qui permet aux femmes traitées pour un cancer du sein habitant un même quartier de partager leurs trajets.

Le lundi, c’est le mari de l’une qui fait le taxi, le mardi, c’est celui d’une autre… Une solution qui permet également de créer du lien et de se soutenir! De nombreux hôpitaux ont déjà réservé des places de parking aux usagers de RoseCar. Et ce service de covoiturage pourrait bientôt s’étendre à des personnes souffrant d’autres maladies.

Pour « faire un bout de chemin ensemble », rendez-vous sur le site www.covoiturage-rosecar.fr.

Source: topsante.com