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La hausse des dépenses de protection sociale a ralenti en 2015. Résultat, le déficit s’est réduit de moitié, à 3,9 milliards d’euros. Mais les évolutions demeurent contrastées par branche.

La hausse des dépenses de protection sociale a ralenti en 2015: ces dernières n’ont augmenté «que» de 1,6% pour atteindre 747 milliards d’euros, après une croissance de 2,2 % en 2014. De fait, elles ont progressé moins vite que le PIB (+1,9 % en valeur), pour la troisième fois dans les quinze dernières années (après 2007 et 2011). Résultat, le déficit de la protection sociale a diminué de moitié en 2015, à 3,9 milliards d’euros contre 7,9 milliards en 2014, selon les comptes provisoires publiés lundi par la Drees. Mais les évolutions sont contrastées par branche: si les dépenses ont été contenues sur les retraites, elles sont en forte reprise sur le chômage.

● 317,1 milliards pour les retraites: première dépense de protection sociale, avec 46% du total, la dépense vieillesse a progressé de 1,2 % en 2015, après une hausse de 2,1 % en 2014. Le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite, mis en œuvre dans le cadre de la réforme de 2010, continue de limiter le nombre de départs. Mais cet effet est partiellement compensé par l’accroissement du nombre de départs précoces, en raison des assouplissements successifs des conditions d’accès au dispositif de retraite anticipée pour carrières longues.

● 201 milliards pour la maladie: les dépenses maladie ont progressé de 2,5 % en 2015, soit un rythme un peu moins fort qu’en 2014 (+2,6 %). En effet, la dynamique des soins hospitaliers est moins soutenue qu’en 2014 et les dépenses de médicaments ont diminué en valeur absolue, après une année 2014 marquée par l’arrivée de nouveaux traitements coûteux contre le virus de l’hépatite C. En revanche, après trois années consécutives de ralentissement, les soins de ville se stabilisent. En 2015, le niveau des pensions invalidité a été gelé (après une revalorisation de 0,6 % au 1er avril 2014) et l’allocation aux adultes handicapés a été moins revalorisée qu’en 2014. Quant aux prestations afférentes au risque accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP), elles baissent de 3,7 % en 2015, après un recul de 1,5 % en 2014. Cette diminution tient, d’une part, au gel des rentes AT-MP et, d’autre part, à la baisse des dépenses liées à l’amiante.

● 54,3 milliards de prestations maternité-famille: elles ne progressent plus que de 0,5 % en 2015, après une hausse de 1,6 % en 2014. Principale raison: l’instauration de la modulation des allocations familiales en fonction des ressources des ménages, à partir du 1er juillet 2015.

● 44,2 milliards pour le chômage: les prestations liées à l’emploi sont, elles, en hausse de 3,2 % en 2015, soit un rythme sensiblement plus rapide qu’en 2014 (+1,5 %). Hors formations, le nombre de chômeurs indemnisés par l’assurance chômage ou le régime de solidarité augmente de 5,6 % en moyenne annuelle, après +2,5 % en 2014.

● 20,6 milliards pour la pauvreté-exclusion sociale: ces dépenses sont moins dynamiques en 2015 (+2,5 % après +5,2 % en 2014). Les montants versés au titre du revenu de solidarité active (RSA), qui constituent près de 70 % du total, ralentissent en volume et en prix. D’une part, le nombre de bénéficiaires progresse moins fortement (+4,3 % en glissement annuel à fin 2015, après +5,8 % à fin 2014). D’autre part, le RSA a été revalorisé, en sus de l’inflation, de 2,0 % en septembre 2015, comme en septembre 2014, dans le cadre du relèvement de son niveau de 10 % sur cinq ans, prévu par le plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale de janvier 2013. Mais la revalorisation strictement liée à l’inflation a, elle, été moindre (+0,9 % en janvier 2015, après +1,3 % en janvier 2014).

Source : lefigaro.fr