Tiers payant : la ministre de la Santé lance une mission sur « sa faisabilité technique »

« Mon objectif serait d’éviter l’obligation de tiers payant généralisé. J’ai horreur des obligations », a fait savoir mercredi Agnès Buzyn dans une interview.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a confié une mission à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur « la faisabilité technique » du tiers payant généralisé (dispense d’avance de frais), indique-t-elle dans une interview au Quotidien du médecin mise en ligne ce mercredi. « Un rapport de l’Assurance maladie est prévu en septembre sur le tiers payant, mais dès maintenant je lance une mission Igas sur sa faisabilité », explique la ministre qui précise que les conclusions sont attendues pour la fin de l’été. « Mon objectif serait d’éviter l’obligation de tiers payant généralisé. J’ai horreur des obligations », poursuit Agnès Buzyn, confirmant l’engagement pris par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle de rendre le dispositif « généralisable », c’est-à-dire facultatif, et non « généralisé ».

« Techniquement compliqué »

La dispense d’avance de frais, fortement combattue par les médecins libéraux, doit devenir un droit pour tous les Français à partir du 1er décembre. Toutefois, la loi de 2016 ne prévoit pas de sanctions pour les médecins refusant d’appliquer la mesure, que le Conseil constitutionnel a limitée à la seule part remboursée par la Sécurité sociale. « Aujourd’hui, je comprends que les professionnels de santé ne sont pas foncièrement hostiles au tiers payant, mais considèrent qu’il est techniquement compliqué à mettre en œuvre », poursuit la ministre. Ne « souhaitant pas mettre en œuvre une telle réforme contre l’adhésion des professionnels qui seraient chargés de l’appliquer », elle explique vouloir regarder « de façon pragmatique ce qui est faisable et ce qui ne l’est pas ». « Si le système fonctionne bien, il n’y aura aucune raison de le rendre obligatoire », poursuit-elle. Enfin, sur la question d’un aménagement de la loi, Agnès Buzyn précise que « les décisions qui s’imposent seront prises en septembre ou en octobre ».

Source : lepoint.fr