Tiers payant généralisé : « Il ne faut pas aller trop vite », prévient la MSA

À l’occasion de la présentation à la presse de son nouveau président, Pascal Cormery, et de son vice-président, Thierry Manten, la Mutualité sociale agricole (MSA) a évoqué les dossiers délicats du tiers payant et des modes de rémunération.

Système complexe

En matière de dispense d’avance des frais, le régime agricole a des accords avec des acteurs de la protection sociale complémentaires (Groupama, AGRICA…). « Nous ne sommes pas effrayés par la mise en place du tiers payant, explique le directeur Michel Brault. Mais la préoccupation essentielle reste la complexité pour le professionnel de santé, il ne faut pas aller trop vite. » 

La clarification du rôle et l’intervention des complémentaires est ici une priorité. Quand « je vois l’organisation des contrats ACS [aide à la complémentaire santé], 10 offres, c’est bien, mais en réalité, combien y a-t-il d’opérateurs derrière ? 96, à ma connaissance… », poursuit-il. Pour le directeur général de la MSA, il est nécessaire de « rassurer » la profession car « la généralisation totale du tiers payant suscite toujours des interrogations ».

Revoir la rémunération ?

Autre dossier : les modes de rémunération des médecins libéraux. Aujourd’hui, « le système de rémunération est une nébuleuse », juge le directeur, qui appelle de ses vœux « une remise à plat complète ».

En matière de négociations conventionnelles, la MSA souhaiterait que les complémentaires puissent avoir voix au chapitre à côté de l’Assurance-maladie obligatoire et des syndicats médicaux. « Si on continue à s’ignorer, on risque d’avoir des objectifs divergents et un manque de visibilité de nos relations avec les professionnels de santé », souligne-t-il.

La MSA envisage une coopération renforcée avec le RSI (régime social des indépendants) pour de meilleurs services aux adhérents. Elle se fixe l’objectif d’assurer un haut niveau de qualité de service aux adhérents en milieu rural (logique de guichet unique pour tous les acteurs du monde agricole). « On ne peut pas lancer d’opérations sans se préoccuper de l’accompagnement, précise le directeur. Par exemple, faire sortir rapidement les patients d’hospitalisation, c’est bien mais si le service autour de la personne n’est pas rendu, on va dans le mur. » La lutte contre la fraude fait également partie des priorités du nouveau mandat.

Source : Le Quotidien du Médecin