Tiers payant : Agnès Buzyn confirme la généralisation

La dernière interview de la ministre donne à penser que la dispense d’avance de frais pourrait finalement être obligatoire… mais le calendrier reste à fixer.

Selon les propos de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, invitée de la matinale de France Inter mardi 11 juillet, le tiers payant pourrait bien être obligatoire pour les professionnels de santé car «généralisé». La semaine dernière, Mme Buzyn avait expliqué dans une interview au Quotidien du Médecin que son « objectif serait d’éviter l’obligation du tiers payant généralisé ». Et dans sa feuille de route au Premier ministre le mois dernier, elle confirmait l’engagement de campagne d’Emmanuel Macron de rendre la dispense d’avance de frais « généralisable », et par conséquent facultative.
Si l’on prend les mots à leur sens premier, on peut donc déduire de sa dernière interview que la position de l’exécutif évolue. À moins que le tiers payant ne devienne finalement, selon le tic de langage de M. Macron, « en même temps » généralisable et généralisé.

UNE QUESTION D’ÉQUITÉ

« Le tiers payant sera généralisé, c’est vraiment une question d’équité et d’accès aux soins puisque beaucoup de Français renoncent à aller se faire soigner parce qu’ils ne veulent pas avancer l’argent chez un médecin, c’est donc impératif d’aller vers un tiers payant généralisé », a déclaré textuellement Mme Buzyn sur France Inter. La ministre a aussi reconnu que la mise en œuvre du tiers payant «pose des problèmes techniques » et souhaité que les médecins y trouvent de la « facilité » car il est nécessaire de leur donner «du temps médical plutôt que du temps administratif ».
En revanche, Mme Buzyn n’a pas fixé de nouveau calendrier pour cette généralisation initialement supposée se déployer à la fin de l’année. Elle attend pour cela les conclusions, d’ici la fin de l’été, d’une mission de l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) sur les modalités techniques du tiers payant, ainsi qu’un rapport de l’assurance maladie sur le sujet.

VALSE HÉSITATION

La CSMF, premier syndicat de médecins libéraux, a réagi aux propos de Mme Buzyn en parlant de « valse hésitation » et en rappelant que « le programme d’Emmanuel Macron parlait non pas de tiers payant « généralisé », mais bien de tiers payant « généralisable », ce que tout le monde a traduit comme possible mais non obligatoire ». Dans un communiqué, l’organisation réaffirme « son opposition déterminée à un tiers payant généralisé, pour tout le monde et pour tout ». Elle rappelle aussi qu’elle est favorable à un tiers payant « social », pour les populations défavorisées (CMU, CMU-C, ACS) « mais aussi au-delà, à un tiers payant laissé à l’appréciation du médecin chaque fois que la situation de son patient l’exige ».

Source : argusdelassurance.com