Un test sanguin pour diagnostiquer les bébés secoués

Des chercheurs américains ont mis au point un test sanguin capable de détecter les cas d’hémorragies intracrâniennes chez les bébés secoués. Les analyses se poursuivent avant une éventuelle mise sur le marché.

Chaque année en France, près de 200 cas de bébés secoués violemment par leurs parents ou par un tiers sont relevés par la Haute autorité de santé (HAS). Ces violences faites aux nouveaux nés peuvent être à l’origine de traumatismes crâniens, voire une hémorragie intracrânienne et éventuellement à la mort. Le nombre de cas reste néanmoins sous-estimé en raison des difficultés pour diagnostiquer les bébés selon la HAS.

A la suite d’un choc sur la tête, il existe un test appelé test de Glasgow qui permet à partir d’un examen clinique et d’un questionnaire mené auprès du blessé, d’établir le diagnostic. Mais il est inutilisable pour les bébés faute de pouvoir les questionner. Quant aux familles, elles se montrent le plus souvent très avares d’explications. Selon l’étude publiée dans la revue JAMA Pédiatrics, dans 31% des cas les médecins passent donc à côté des symptômes qui peuvent paraitre anodins: vomissements, somnolences, difficultés à se réveiller. L’équipe de chercheurs américains a donc mis au point un test sanguin pouvant aider au diagnostic des bébés secoués. Celui-ci permet de repérer rapidement les potentielles hémorragies intracrâniennes.

Testé sur 599 bébés, fiable à 90%

Ce test appelé BIBIS pour Biomarkers for Infant Brain Injury Score a été étudié sur 599 bébés. Ces nouveaux nés ont été testés dans 3 hôpitaux différents, à Chicago et Salt Lake City pendant 2 ans et Pittsburgh durant 12 ans. D’après la publication, il s’est révélé fiable dans 90% des cas. Or, lors de diagnostiques cliniques traditionnels, les cas d’hémorragies intracrâniennes ne sont détectés que chez 70% des enfants.

Malgré le succès rencontré lors de l’étude, les chercheurs précisent que ce test sanguin ne vise pas à remplacer le diagnostic par imagerie, essentiel pour déterminer l’origine de l’hémorragie. Mais il a pour vocation d’aider les médecins dans leur prise de décision lorsque les symptômes ne sont pas assez clairs. Ce test étant basé sur des sérums, ils doivent encore être testés et validés sur une plus large population avant de recevoir l’aval des autorités de santé pour être utilisé par les médecins.

L’étude a par ailleurs révélé qu’il y a autant de garçons que de filles parmi les bébés secoués. L’âge moyen est de 4,7 mois.

Source: sante.lefigaro.fr