Télémédecine : les critiques acerbes de la Cour des comptes envers les pouvoirs publics

Les Sages de la rue Cambon, qui prônent un déploiement télémédecine, déplorent le retard de la France. En cause selon eux des initiatives avortées et un manque de cohérence des politiques des pouvoirs publics français.

Dans son dernier rapport sur le fonctionnement de la sécurité sociale, la Cour des comptes remet en question le calcul du déficit de l’Assurance maladie effectué par le précédent gouvernement. Mais pas seulement. Les Sages de la rue Cambon critiquent sévèrement la politique de télémédecine menée en France depuis les premiers usages à la fin des années 1980. « La télémédecine demeure en France une pratique marginale, sans réel impact sur l’organisation du système de santé », lance la Cour des comptes. Les expériences actuelles « cantonnées à échelle locale » sont « hétérogènes et inabouties ». Ou encore: les actions « se sont succédé sans ligne directrice claire ni continuité ». Avec ce rapport, l’institution valide les critiques récurrentes des acteurs impliqués dans la discipline, notamment celles des professionnels de santé.

Un nombre d’actes encore faible

D’abord dans le viseur de la Cour des comptes: le plan national télémédecine lancé en 2011 par le troisième gouvernement de l’ère Sarkozy. 44 millions d’euros ont été investis, mais 14 millions seulement auraient permis de développer de nouvelles pratiques. Un plan qui a été abandonné par le ministère de la Santé en 2012, faute de budget dédié.

Depuis, les Sages reconnaissent que les actes de télémédecine sont plus nombreux à être pris en charge. Après avoir glané des chiffres auprès des agences régionales de santé (ARS), la Cour relève 114 millions d’euros de dépenses consacrées à la télémédecine entre 2011 et 2015. Durant cette période, le nombre d’actes pris en charge est passé de 10.703 à 257.814. Mais cela reste bien peu comparé au nombre total de consultations médicales: en 2010 la sécurité sociale en comptait 6,7 par Français en moyenne. Le nombre d’actes de télémédecine représentent ainsi 0,3% des consultations dispensées, selon la Cour. Les régions sont aussi inégalitaires d’après les données relevées par l’institution, et pas forcément celles touchées par les déserts médicaux, un des principaux problèmes contre lesquels la télémédecine est censée lutter. Enfin, dans leur critique les Sages relèvent aussi paradoxalement de « nouvelles expérimentations orientées vers la médecine de ville et généralisées malgré un échec complet ».

La Cour prône des prescriptions électroniques

Comment déverrouiller la télémédecine ? Il faut d’urgence diffuser le dossier médical partagé, échec patent pour le moment (moins de 600.000 personnes inscrites) pour que tous les professionnels de santé aient accès aux informations des patients {…}

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Source : latribune.fr