Tout ce que Simone Veil a fait pour notre santé

Dépénalisation de l’avortement, loi anti-tabac… Simone Veil, décédée le 30 juin 2017, est à l’origine de textes essentiels en matière de santé.

La loi dépénalisant l’avortement est entrée en vigueur le 17 janvier 1975, après avoir suscité des débats homériques à l’Assemblée nationale. Alors ministre de la Santé, Simone Veil a fait front. Dans un discours mémorable, prononcé devant les députés le 26 novembre 1974, elle explique que cette loi était nécessaire pour « mettre fin à une situation de désordre et d’injustice et apporter une solution mesurée et humaine à un des problèmes les plus difficiles de notre temps ». Elle rappelle également que l’avortement « est toujours un drame et cela restera toujours un drame », mais « nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les trois cent mille avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours. »

Un droit à l’IVG qui doit être réaffirmé

42 ans après, l’avortement est un droit qu’il faut sans cesse réaffirmer. Le nombre d’IVG a légèrement baissé ces trois dernières années, pour s’établir à 211 900 en 2016.

Très récemment, en mars 2017, une loi a renforcé le délit d’entrave à l’IVG. Elle punit de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende toute tentative d’empêcher les femmes d’avoir accès des informations fiables sur l’avortement. Pour parer cette éventualité, le précédent gouvernement a mis en place un site dédié et un numéro d’appel anonyme et gratuit : le 0 800 08 11 11.

En 2014, la notion de détresse, préalable à l’accès à l’avortement, a été supprimée du Code de la santé publique. Il est désormais fait référence à toute femme « qui ne veut pas poursuivre sa grossesse ». Enfin, tous les actes médicaux qui accompagnent une IVG (biologie, échographie…) sont remboursés à 100 % depuis 2016. Dans son célèbre discours, Simone Veil appelait de ses vœux une aide médicale pour les plus démunies (et non pas une prise en charge par la Sécurité sociale) afin que l’interruption volontaire de grossesse reste accessible à toutes les femmes quels que soient leurs revenus.

L’abus de tabac est dangereux

Par ailleurs, on le sait moins, mais Simone Veil est à l’origine d’un des premiers textes anti-tabac. La loi qui porte son nom, du 9 juillet 1976, rend obligatoire la mention « abus dangereux » sur tous les paquets de cigarettes et interdit de fumer dans « tous les lieux affectés à un usage collectif où cette pratique peut avoir des conséquences dangereuses pour la santé. » Encore un texte précurseur, quinze ans avant la loi Evin qui, dans son volet tabac, interdit de fumer dans tous les lieux publics et dans les transports en commun.

Source : santemagazine.fr