Le service sanitaire des étudiants en santé commencera en 2018

Les étudiants en médecine et en écoles d’infirmiers devront faire de la prévention pendant trois mois.

Le service sanitaire des étudiants en santé devrait voir le jour « à la rentrée de septembre 2018 », a annoncé la semaine dernière la ministre de la Santé. Devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, Agnès Buzyn a déclaré qu’une mission allait être lancée afin de proposer un « cadre d’application et d’intervention ». Ce sont 40 000 étudiants en médecine, pharmacie ou encore kinésithérapie qui, au cours de leur scolarité, devront intervenir durant trois mois « dans les écoles, les entreprises, pour des actions de prévention ».

Le ministère et les organisations étudiantes se sont déjà rencontrés pour évoquer les grandes lignes de ce « service sanitaire ». Mais rien de concret ne filtre. Des étudiants ont tout de même leur petite idée du dispositif. Eva, en 4e année de médecine à Lille, s’interroge : « Pourquoi pas aller dans les collèges et des lycées ou dans les maisons de santé pour parler de prévention en matière de sexualité. Mais, dans les entreprises, il y a déjà des médecins du travail, des infirmiers. Je ne vois pas ce que nous pouvons apporter en plus. »

Justine fait des études d’infirmière à Paris et estime que « sortir des lieux de soins pour aller à la rencontre d’autres personnes peut être bénéfique. Par exemple, faire des maraudes avec la Croix-Rouge, c’est une bonne idée ». Anna, étudiante en médecine à Lyon, aimerait « sensibiliser les jeunes aux dangers de la drogue ».

La prévention sera au centre de ce dispositif. La ministre, elle-même professeur de médecine, l’a constaté dans son intervention à l’Assemblée : « Nous sommes formés au curatif, à la prescription, mais pas à la prévention. Il faut l’intégrer au parcours de santé. »

Pour Clément Gautier, président de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi), cette volonté va dans le bon sens : « C’est moins cher pour l’Etat d’investir dans la prévention que dans des soins curatifs. Il vaut mieux prévenir que guérir, comme dit le vieil adage. » Yanis Merad, président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), lui, est dubitatif sur la durée. « On va lancer des groupes de travail avec nos étudiants. Mais trois mois d’un coup, ce ne sera pas facile avec la charge d’études. Pourquoi ne pas fractionner cette durée en plusieurs fois ? » suggère-t-il. La phase de réflexion est lancée et se poursuivra durant les prochains mois.

Source : leparisien.fr