Santé. Un « généraliste dating » pour lutter contre les déserts médicaux

L’agence régionale de la santé (ARS), organisait samedi à Rennes le premier « généraliste dating » (*) pour lutter contre les déserts médicaux. Un speed dating revisité où les professionnels de la santé, installés dans des territoires où ils sont peu nombreux, tentent de convaincre de futurs médecins généralistes de venir les rejoindre. Environ 150 personnes étaient réunies à la faculté de médecine de Rennes. D’un côté des internes, des remplaçants et de l’autre 24 médecins ou groupements de professionnels de santé venus du centre et de l’est de la région. Une rencontre originale afin de favoriser l’installation de nouveaux médecins généralistes dans des zones où ils font défaut. En effet, si la Bretagne se situe dans la moyenne nationale en termes de nombre de médecins (1 pour 1.000 habitants), leur répartition territoriale n’est pas homogène et crée des disparités. Le principe de ce « généraliste dating » proposait aux médecins libéraux de faire la promotion, avec une bonne dose d’humour, de leurs territoires et de leurs pratiques professionnelles à travers des vidéos de 60 secondes chacune. À l’issue de leur projection, des rencontres ont pu se nouer entre les différents participants.  « On souhaite valoriser des territoires et des professionnels, casser certaines images reçues et montrer que dans les zones où le besoin de médecin se fait ressentir, il existe aussi une bonne dynamique. On veut donner l’envie de s’y installer » explique Sémiya Thouir de l’ARS. « M’installer là où il manque de médecins » Parmi les atouts mis en avant pour séduire les candidats en une minute, le cadre de vie bien sûr mais aussi la valorisation du travail en équipe, ou encore l’ambiance, des points importants pour des jeunes médecins qui ne veulent plus travailler dans leur coin de façon isolée. Denis Savidan est médecin généraliste à Saint-Agathon, près de Guingamp (22) : « Nous sommes 10 médecins pour 23.000 habitants dans le bassin de population de Guingamp alors que nous étions 15 lorsque je me suis installé il y a 22 ans. C’est même compliqué de trouver des remplaçants surtout pour les médecins isolés comme moi. Il y a un projet de création de maison de santé pluridisciplinaire dans l’ancienne maternité de l’hôpital. Cela nous permettra de travailler ensemble et de mieux prendre en charge les patients. Ça va créer une attractivité supplémentaire et donner l’envie aux jeunes médecins de venir ». Claire, 28 ans, médecin depuis vendredi, est venue se renseigner : « Je n’ai pas encore envie de m’installer, je me laisse un peu de temps. J’ai déjà des remplacements pour cet été, ça permet de voir les gens avec qui on a envie de travailler car on s’installe de plus en plus en groupe. Si je peux m’installer dans une zone où il manque de médecins où l’on a besoin de moi ce serait bien, sans aller prendre la relève d’un médecin qui travaillait tout seul dans un endroit où il n’y a pas de réseau internet. Il faut pouvoir allier confort de vie personnelle d’un côté et professionnelle de l’autre pour apporter une vraie qualité de soin ».   * Un prochain « généraliste dating » se déroulera le 8 octobre à la faculté de médecine de Brest.

Source : Le Télégramme