Rhume : attention aux anti-inflammatoires !

Le risque d’infarctus du myocarde pourrait être doublé, voire triplé, si certains anti-inflammatoires sont pris lors d’une infection respiratoire aiguë telle qu’une grippe ou une bronchite, selon une étude parue dans The Journal of Infectious Disease.

L’augmentation du risque cardiaque par certains anti-inflammatoires – en lien avec leur dosage et la fréquence – est identifiée de longue date. Mais une étude publiée dans The Journal of Infectious Disease suggère que le risque d’infarctus du myocarde pourrait être doublé, voire triplé, si ces médicaments sont pris lors d’une infection respiratoire aiguë telle qu’une grippe ou une bronchite…

Plusieurs mécanismes pourraient être en jeu, parmi lesquels le rétrécissement de vaisseaux sanguins (ceux appartenant au système artériel pour être précis).

« Les anti-inflammatoires ont vocation à diminuer la synthèse des prostaglandines », nous détaille le professeur François Chast, chef du service de pharmacie à l’hôpital Necker à Paris. « Or, ces prostaglandines jouent [au niveau des coronaires] le rôle de vasodilatateurs. La présense d’anti-inflammatoires signifie donc une vasoconstriction, et cette vasoconstriction va minimiser l’apport de sang au niveau du myocarde et favoriser l’arrivée d’un infarctus du myocarde ou, au niveau cérébral, un AVC ».

Selon les données présentées dans le Journal of Infectious Disease, le risque d’infarctus du myocarde pourrait être jusqu’à sept fois plus élevé lorsque ces anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) sont administrés par voie intraveineuse, à l’hôpital, toujours lors d’une maladie des voies respiratoires.

Ces résultats incitent donc à être particulièrement attentif à la notice des médicaments, et ne pas systématiquement prendre ces traitements à la moindre douleur. Le recours à l’ibuprofène est fréquent pour soulager les symptômes grippaux. Or, ces médicaments sont en vente libre dans les pharmacies.

« Lors d’une infection respiratoire aiguë, c’est-à-dire une grippe, une bronchite ou encore une pneumonie, il est important d’informer le patient du risque à prendre en automédication des anti-inflammatoires, et plus généralement la prescription de ces médicaments devrait être interrompue tant que dure l’épisode infectieux », précise François Chast.

En cas de doute, et avant d’interrompre tout traitement, il est indispensable de demander l’avis de votre médecin.

Étude : Acute Respiratory Infection and Use of Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs on Risk of Acute Myocardial Infarction: A Nationwide Case-Crossover Study. Yao-Chun Wen et coll. J Infect Dis, fev. 2017. doi: 10.1093/infdis/jiw603

Source : francetvinfo.fr