La retraite, souvent oubliée par les expatriés

Seuls quatre expatriés sur dix choisissent de cotiser pour leur retraite, que ce soit pour leurs pensions françaises ou via des investissements privés, révèle un sondage.

Les expatriés préparent-ils leur future retraite? Pas tellement, si l’on en croit une enquête réalisée par Humanis, un groupe spécialisé dans la protection sociale. Seuls quatre sur dix déclarent cotiser à un dispositif de retraite pour eux-mêmes ou leur conjoint de façon volontaire – en plus, donc, des cotisations vieillesse imposées par le pays d’accueil.

Moins de 20% des expatriés cotisent pour leurs pensions françaises

Ceux qui disent cotiser à un dispositif de retraite le font majoritairement via un système privé local (investissements mobiliers ou immobiliers) – 65% des sondés ont coché cette réponse. Un quart répondent cotiser volontairement pour leur retraite de base française (via la CFE, la Caisse des Français de l’étranger), 19% pour leurs pensions complémentaires Agirc-Arrco (via les caisses CRE et Ircafex, gérées par Humanis), et 9% via un système privé français. Certains cotisent de plusieurs manières, d’où un total supérieur à 100%.

Au final, sur la totalité des expatriés actifs interrogés, environ 30% cotisent donc pour leur retraite par capitalisation (financement privé de la retraite) et seulement 18% pour leur retraite française par répartition (système dans lequel les actifs actuels financent les pensions des retraités actuels).

Un « désengagement des entreprises »

« Si la part d’expatriés cotisant pour leur retraite est stable par rapport aux années précédentes, on constate un certain désengagement des entreprises pour la retraite de leurs salariés à l’étranger », note Sylvaine Emery, directrice des activités internationales d’Humanis. « En 2015, 70% de ceux qui cotisaient pour leurs pensions Agirc-Arrco le faisaient via leur employeur, ils ne sont plus que 63% cette année », détaille-t-elle.

À savoir avant de partir

« Il est important d’avoir conscience dès son départ de l’impact des années à l’étranger sur ses futures pensions », explique Marc Darnault, associé au cabinet Optimaretraite. « Et de prendre des décisions en fonction. » Le hic, c’est qu’à moins d’être un expert en retraite, cet impact est difficile à appréhender… Six points sont à retenir :

1. Ne pas confondre « détaché » et « expatrié ». Si vous êtes simplement « détaché » à l’étranger par votre employeur, vous n’avez pas de question à vous poser: vos cotisations retraite sont prélevées comme si vous étiez en France, il n’y aura pas d’impact sur vos pensions.

2. Un expatrié ne cotise pas en France de façon obligatoire. Quand vous travaillez en France, votre salaire est amputé de cotisations obligatoires de retraite de base (Assurance retraite) et complémentaires (Arrco et éventuellement Agirc, si vous êtes cadre). Ce n’est pas le cas si vous êtes expatrié. Et qui dit absence de cotisations dit absence de droits à la retraite sur cette période.

3. Un expatrié cotise dans son pays d’accueil. Il est soumis au régime de protection sociale étranger, donc aux cotisations vieillesse appliquées localement. À la retraite, {…}

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Source : votreargent.lexpress.fr