Retraite : les déficits seront bientôt de retour

L’embellie aura été de courte durée. En 2018, l’excédent de l’assurance-vieillesse, conquis en 2016 à coup de douloureuses réformes, va revenir à 200 millions d’euros. Puis dans deux ans, les déficits seront de retour, et ils vont empirer jusqu’à 3 milliards en 2021 pour le seul régime général des salariés du privé.

Cette trajectoire inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 tranche avec celle qui avait été votée un an plus tôt, qui prévoyait au contraire une accentuation des excédents à 1,1 milliard en 2020. En cette année-là, le Fonds de solidarité vieillesse (FSV) devait lui aussi revenir dans le vert. Il n’en est plus question, même en 2021.

En un an, l’espoir de retrouver un équilibre durable des comptes de l’assurance-vieillesse s’est brusquement envolé. Tout a commencé avec la révision des perspectives démographiques de l’Insee, fin 2016 : avec une espérance de vie revue à la hausse et une immigration à la baisse, la proportion de cotisants pour un pensionné allait diminuer. Puis en juin, le Conseil d’orientation des retraites a mis à jour ses données, montrant que le système de retraite risquait de replonger dès 2019.

La retraite à 62 ans ne rapporte plus

Néanmoins, à court terme, ce n’est pas la démographie qui change la donne dans le système de retraites. C’est plutôt la fin de la montée en charge du recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans, qui devrait encore engendrer 2 milliards d’euros d’économies en 2017… mais seulement 200 millions en 2018. Du coup, les nouveaux retraités vont affluer (+5,4%), et les pensions progresser de 2,3% l’an prochain. De plus, les prestations sont indexées sur l’inflation, qui repart. Ce n’est pas un hasard si, après 0,8% de hausse des pensions en octobre 2017, le gouvernement a décidé de reporter la revalorisation suivante à janvier 2019 {…}

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Source : lesechos.fr