Rémunération des pharmaciens: l’Assurance maladie relève son enveloppe

Paris, 12 juil 2017 – L’Assurance maladie a relevé mercredi son enveloppe pour la rémunération des pharmaciens à 280 millions d’euros et les syndicats diront jeudi s’ils acceptent cette proposition qui vise à modifier le financement des officines en les rendant moins dépendantes des ventes des médicaments.

« On est sur une ligne de crête : entre signer ou non », a déclaré à la sortie de la dernière réunion de négociation, Gilles Bonnefond, président de l’USPO, interrogé par l’AFP.

Le syndicat annoncera s’il signe l’avenant contenant cette proposition et détaillant le nouveau mode de rétribution des officines par l’Assurance maladie jeudi après-midi, après la consultation de son conseil d’administration, tout comme la FSPF. La signature d’un seul de ces deux syndicats suffit pour que le texte négocié depuis près de cinq mois soit validé.

Encore très dépendantes du prix et des volumes des médicaments, les officines dont la rémunération est constituée pour moitié de la marge commerciale, pour l’autre des honoraires de dispensation (1 euro par boîte remboursable), sont impactées par la maîtrise des dépenses de santé.

L’objectif est de transférer progressivement une partie de cette marge (1,25 milliard d’euros sur trois ans) vers de nouveaux honoraires notamment liés à la complexité des médicaments, au profil des patients (jeunes enfants et personnes âgées) et valorisant le conseil, soit un quart de la rémunération.
Mercredi, la Caisse nationale d’assurance maladie a relevé sa participation à 280 millions d’euros sur trois ans, après avoir proposé 250 millions d’euros lors de la dernière entrevue le 5 juillet. Les syndicats eux en réclamaient 300.

« Cette enveloppe ne couvre pas la baisse des prix, mais on est obligé de dire que c’est mieux que rien. On constate un effort supplémentaire, mais qui est insuffisant au regard des besoins », a réagi Philippe Besset, vice-président de la FSPF.

« C’est l’enveloppe basse de ce qu’on avait demandé « , a renchéri M. Bonnefond.

Les syndicats avaient également demandé que l’engagement de l’Assurance maladie soit revu en fonction des effets de la réforme.

« Le bilan sera fait dans trois ans sur la base des revenus de 2016 afin de rectifier certaines mesures si la dégradation a été trop importante », a annoncé M. Bonnefond.

« On ne peut pas avoir une dégradation au rythme ou elle s’est faite ces deux dernières années », a souligné le représentant de l’USPO selon qui les revenus des officines ont baissé de 3% en deux ans.

Une clause a également été ajoutée. Elle prévoit de verser une compensation individuelle aux pharmacies qui subiraient une baisse de revenus liée à la réforme.

Source : entreprise.lexpress.fr