La recherche marque des points dans sa course contre Alzheimer

Principale hormone de croissance, l’IGF-1 pourrait favoriser la maladie neurodégénérative. En l’inactivant dans le cerveau de souris, des chercheurs ont réussi à la faire reculer.

C’est une course contre la montre. D’un côté, la maladie d’Alzheimer qui constitue, et de loin (plus de 60 % des cas), la démence la plus fréquente au monde et dont la prévalence à l’échelle du globe devrait, avec le vieillissement de la population, doubler d’ici à moins de vingt ans. De l’autre, les biologistes, neurologues et généticiens qui cherchent par tous les moyens sinon à stopper, du moins à freiner l’apparition et la progression de cette maladie neurodégénérative liée à l’âge.

Celle-ci survenant dans les trois quarts des cas après 80 ans et mettant en moyenne dix ans à s’installer, l’âge moyen auquel apparaissent les premiers symptômes constitue un levier clef. C’est ainsi que les experts estiment que, si l’apparition des symptômes était repoussée ne serait-ce que de cinq ans, le nombre de cas dans la population serait diminué de moitié.

Tout récemment, et en France même, divers travaux sont venus marquer des points dans cette course contre la montre. A Bordeaux, deux études statistiques menées par des chercheuses de l’Inserm, Catherine Féart et Cécilia Samieri, ont montré le rôle protecteur de la vitamine D, que beaucoup de personnes âgées ont en quantité insuffisante (lire ci-dessous). A Paris, à l’université Pierre-et-Marie-Curie, un autre chercheur de l’Inserm, Martin Holzenberger , s’est quant à lui intéressé au rôle d’une hormone sécrétée par le foie et connue depuis longtemps pour stimuler la croissance et la maturation de l’os et d’autres organes, l’insulin-like growth factor-1 ou, en abrégé, IGF-1. Ses derniers travaux ont fait l’objet d’une publication dans la revue « Brain » au mois de juin.

Une hormone Janus

Le lien entre cette hormone de croissance et la maladie d’Alzheimer n’a a priori rien d’évident. Il n’est apparu que lentement, à la faveur des recherches sur la longévité. Les biologistes expérimentant sur le ver ont découvert que, en désactivant certains de ses gènes, ils accroissaient considérablement sa durée de vie. « En croisant les données, on s’est rendu compte que ces gènes étaient les mêmes que ceux qui s’expriment dans la production de cette hormone et son action auprès des cellules, ce qu’on appelle la voie de signalisation de l’IGF-1 », explique Martin Holzenberger {…}

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Source : lesechos.fr