Randstad met le «big data» au service de l’emploi

L’entreprise de services en ressources humaines vient de lancer un nouvel outil d’appariement de l’offre et de la demande d’emploi, fondé sur un traitement massif de données.
Alors que plus de 3,8 millions de personnes pointent au chômage en France, quelque 330.000 emplois n’ont pas été pourvus en 2014, selon l’observatoire TEC (Tendance emploi compétence) du Medef. C’est 13 % des postes recherchés. Pour mettre fin à ce dysfonctionnement majeur et ancien du marché du travail, le gouvernement a lancé depuis 2013 un plan de 100.000 formations courtes et qualifiantes.

Des acteurs privés cherchent aussi à agir. Ainsi l’entreprise de services en ressources humaines (recrutements, intérim, etc.), Randstad vient de lancer un nouvel outil d’appariement de l’offre et de la demande d’emploi, fondé sur un traitement massif de données (big data), mis au point par Oracle et Capgemini. Pour monter ce nouveau système, Randstad s’est appuyé sur sa propre base de 3 millions de CV, sur des données publiques de Pôle emploi ou de l’Acoss, et sur 12 millions d’annonces d’emploi publiées sur Internet. Le but? Faire émerger des corrélations entre compétences et territoires.

«Avec notre outil, nous savons par exemple que dans tel département 3 personnes sont disponibles pour prendre un poste de soudeur. En recoupant les compétences, toujours grâce à notre outil, on voit que ce métier peut être exercé par des tuyauteurs et des métalliers. 20 personnes supplémentaires sont alors disponibles», explique François Béharel, le président du Groupe Randstad France, dont la société sera en mesure de proposer davantage de profils à ses clients. Elle espère ainsi améliorer sa performance de placement de 30 % à 40 %. Quant à ses clients, ils pourront prendre des décisions en toute connaissance de cause de la main-d’œuvre disponible dans un bassin d’emploi.

La base sera également utile pour guider ceux qui cherchent un poste. Elle leur permettra par exemple de savoir dans quels départements un métier est particulièrement recherché par les entreprises. Grâce à la cartographie des compétences – 11.000 ont été recensées -, une personne pourra notamment plus facilement savoir comment utiliser ses acquis pour une réorientation, pour ensuite cibler des formations.

Bref, la base Randstad sera un outil d’aide à la décision pour les entreprises, ceux qui cherchant du travail, voire pour les pouvoirs publics (par exemple pour mieux bâtir des plans de formation).

Source : Le Figaro Bourse