Quelle différence entre la gourmandise et la dépendance à la nourriture ?

Si certains sont gourmands mais peuvent très bien se passer de leur péché mignon, pour d’autres, le désir est plus fort que la raison…

Manger quelques carrés de chocolat pour se faire plaisir n’est pas une addiction. En revanche, éprouver un besoin irrépressible d’avaler une tablette de chocolat alors que l’on n’a pas faim pourrait confiner à l’addiction. Gérald Kierzek, le médecin d’Europe 1, explique les symptômes et le fonctionnement de la dépendance à la nourriture.

À partir de quel moment peut-on parler d’addiction à la nourriture ?

Ce n’est pas tant une histoire de quantité que de besoin compulsif de consommer, de se laisser aller à une consommation incontrôlée. Et comme dans toutes les addictions, il y a des symptômes de sevrage. C’est-à-dire que quand vous n’avez pas accès à cette nourriture, vous allez être angoissés, être irritable. Il y a un vrai symptôme de manque. Les spécialistes affirment que cette sensation de plaisir qui dépasse la volonté emprunte les mêmes circuits que ceux qui font appel à l’addiction. Le cerveau va sécréter de la la dopamine (le neurotransmetteur sécrété lorsqu’on éprouve du plaisir). Certains puristes ne parlent pas d’addiction mais de ‘pulsions alimentaires’, c’est-à-dire de désirs extrêmement intenses.

Existe-t-il des aliments plus addictifs que d’autres ?

Oui et notamment les aliments sucrés. La sensation de faim est liée à l’insuline. Donc quand on mange quelque chose de sucré, on a un pic d’insuline qui va faire chuter la glycémie et redonner faim ensuite. C’est pour ça que dans les régimes amincissant, on conseille d’éviter les sucres rapides pour ne pas avoir cette sensation de faim.

Mais la pizza, pourtant salée, fait partie des quatre aliments les plus addictifs parce qu’elle contient différents composants qui donnent à la fois une sensation de satiété, du sel et l’appétence.

Y a-t-il un risque pour la santé ?

Oui quand ça devient un vrai trouble, notamment un trouble du comportement alimentaire. Si ça devient une véritable frénésie ou une boulimie avec des conséquences sur la santé notamment l’obésité et son cortège de complications.

Mais il faut surtout bien distinguer la gourmandise de l’addiction. Quand vous aimez le chocolat et que vous en mangez une tablette et que vous l’oubliez dès que vous êtes satisfait, ce n’est que de la gourmandise. En revanche être dépendant, c’est quand votre besoin va dépasser votre volonté. Finalement ce n’est pas votre estomac qui désire du chocolat mais votre cerveau.

Existe-t-il des astuces pour sortir de cette situation ?

Il faut commencer par diagnostiquer l’addiction, mettre des mots et la déculpabiliser. Quand vous êtes dans ce besoin compulsif, il faut consulter. C’est aussi une bonne chose de tenir un journal alimentaire pour essayer d’analyser sa consommation. Mais surtout il faut apprendre manger en conscience.

Source : europe1.fr