Le quatrième plan autisme sera finalisé d’ici la fin de l’année

La concertation préalable à la mise en place du 4e plan autisme a été lancée hier, à l’Elysée. Fin 2017 des réponses concrètes devraient être apportées.

La femme du Président, Brigitte Macron sera-t-elle celle qui épousera la cause de l’autisme pour, enfin, la faire décoller ? Hier, la première dame était à l’Elysée, aux côtés de son mari pour le lancement de la concertation autour du 4e plan autisme. Son intérêt pour ce combat n’est pas un secret. Pendant la campagne, Brigitte Macron a visité un foyer pour autistes et organisé une réunion sur le sujet au QG de son mari, alors candidat.

Dans «Les Macron» paru en mars dernier, elle déclare aux auteures à propos du handicap et de l’autisme : «La souffrance et l’abandon que subissent les parents me touchent. On n’a pas le droit de ne pas les aider».

«Elle va sans doute créer une fondation, déclare au Parisien Olivia Cattan, présidente de SOS autisme, mais elle marche sur des œufs.» «Sa réticence à embrasser telle ou telle cause tient au fait qu’elle ne veut pas gêner», explique en substance une proche au journal Le Parisien. On pense notamment à la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel également fondatrice de la FNASEPH qui s’occupe du suivi et de l’insertion des étudiants présentant un handicap.

Rendez-vous fin 2017

Quoi qu’il en soit, le handicap, Emmanuel Macron l’a affirmé pendant sa campagne, sera une des priorités de son quinquennat. Et hier, c’est le couple présidentiel qui a fait visiter l’Elysée à un groupe de jeunes autistes.

À l’Elysée où la concertation préalable à la mise en place du 4e plan a réuni une cinquantaine de représentants d’associations ainsi que quatre ministres : outre Sophie Cluzel, étaient présents Frédérique Vidal (Enseignement supérieur), Jean-Michel Blanquer (Education nationale) et Agnès Buzyn (Santé). Ainsi que le robot Nao, un petit humanoïde équipé de deux caméras et de nombreux capteurs qui enregistrent les réactions des enfants.

Au final, cinq groupes de travail ont été constitués autour des thèmes de la scolarité et la formation professionnelle, l’insertion dans la société et le monde du travail, la recherche, les familles, et l’accompagnement au changement.

«Un défi à relever»

Objectif à fin 2017 : déterminer des mesures pour mieux diagnostiquer et prendre en charge les personnes atteintes d’autisme et accompagner les familles. Entre juillet et décembre, des «réunions préparatoires» vont être organisées «dans toute la France» en présence de familles et de représentants de collectivités territoriales.

Hier, au terme de cette après-midi de concertation, le chef de l’Etat a réitéré avec force son engagement. Evoquant l’autisme et aussi d’autres situations de handicaps ou de fragilité, il a estimé que «les sociétés contemporaines ont ce défi à relever, et en fait, plutôt un défi de civilisation. En France, une personne sur cent est atteinte d’autisme ou d’autres «troubles envahissants du développement», 8 000 enfants atteints naissent chaque année.

Trois premiers plans en demi-teinte

Le premier plan autisme a été lancé pour trois ans en 2005, suivis de deux autres de deux et quatre ans chacun jusqu’en 2017. Le dernier a été doté de 205 M d’€ et a mis l’accent sur le dépistage, le diagnostic et l’accompagnement précoce des enfants autistes.

Pour l’ensemble de ces trois plans, l’Unapei, premier mouvement associatif qui accompagne plus de 60 000 personnes autistes en France, parle de «gâchis humain» et dénonce le retard «important» de la France pour les enfants mais aussi pour les adultes.

Source : ladepeche.fr