Psoriasis : bien plus qu’une maladie de peau

Outre la douleur physique, le psoriasis entraîne souvent une souffrance psychologique. Baisse de l’estime de soi, complications des relations sociales et intimes… 20 % des patients ont même envisagé le suicide.

Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique non contagieuse. Environ deux millions de personnes en sont atteintes en France. Plus de six patients sur dix ont moins de 30 ans. Le psoriasis en plaques se caractérise par la présence de plaques rouges sur le corps, mais aussi par une accumulation de petites peaux appelées squames. Ces plaques sont en réalité le résultat d’un renouvellement accéléré de la couche de l’épiderme : en quatre à cinq jours, au lieu de trois à quatre semaines habituellement. La maladie affecte plus particulièrement les zones de frottement : coudes, genoux, cuir chevelu… Dans 30 % des cas, les patients souffrent également d’un rhumatisme psoriasique (inflammation des articulations). C’est peu dire que cette affection retentit sur la vie sociale des malades. Stéphane souffre de psoriasis depuis l’âge de 7 ans. Aujourd’hui âgé de 36 ans, il connaît sur le bout des doigts le fardeau de la maladie. « À l’adolescence, vivre avec des plaques sur tout le corps, c’est extrêmement pénible. Ensuite sur le plan professionnel, il est toujours très désagréable de se rendre en clientèle avec des plaques sur le visage. À travers le regard des autres, on perd totalement confiance ». Les trois-quarts des patients estiment que leur maladie a un impact négatif sur leur qualité de vie. « Aller vers une personne dont l’apparence peut susciter des questions, ce n’est pas évident, j’ai eu beaucoup de mal à envisager une vie de couple », explique Stéphane.

Une prise en charge lourde et contraignante

« Mon traitement actuel est certes efficace, mais il est à l’origine, dans mon cas, d’une forte fatigue et donc d’une perte très importante d’énergie. Sans parler de ma prise de poids ». Auparavant Stéphane se traitait avec des crèmes à base de corticoïdes. « J’avais des pommades que je devais appliquer deux fois par jour sur tout le corps. C’est une matière grasse, qui colle aux vêtements, aux draps. C’est un traitement très contraignant que je ne supportais plus et que j’ai arrêté à plusieurs reprises ». Le cas de Stéphane n’est pas isolé. D’ailleurs, selon une enquête internationale menée auprès de 3.500 patients (*), près de 50 % des malades considèrent que les traitements sont pires que la maladie elle-même et n’hésitent pas à les interrompre. Ce qui explique sans doute pourquoi la moitié des malades n’a pas consulté de professionnel de santé dans les douze derniers mois. Ceci illustre la nécessité pour les médecins et autres spécialistes de prendre en compte le vécu et les besoins de chaque patient. Des paramètres essentiels pour proposer une prise en charge thérapeutique adaptée.

*Évolution multinationale du Psoriasis et du Rhumatisme psoriasique auprès de 3.426 patients et 781 médecins rhumatologues et dermatologues.

Source : letelegramme.fr