Prix des médicaments remboursables : le LEEM dénonce une dynamique négative

Paris, le mercredi 31 août 2016 – « Les entreprises du médicament » (LEEM), le syndicat français des laboratoires pharmaceutiques, vient de publier son rapport annuel portant sur le bilan économique du secteur. Premier constat mis en avant par les industriels : l’incidence négative des différents plans annuels de baisses de prix sur la croissance du chiffre d’affaires (CA) du médicament remboursable. Ils notent ainsi que le taux de croissance annuel moyen de ce dernier était de 6,1 % sur la période 2000-2005, puis de 1,5 % entre 2006 et 2011 pour s’établir finalement à – 1,9 % pendant l’intervalle 2012-2015.

La France est par ailleurs, en 2015, le seul pays parmi les principaux marchés mondiaux pour lequel le CA total (médicaments remboursables et non remboursables vendus en officine de ville + hôpital) a stagné par rapport à l’année précédente. Par comparaison, le marché allemand enregistrait dans le même temps une croissance de son CA de 6 %, l’italien de 13 %, le britannique de 10 % et celui des Etats-Unis de 12 %. Dénonçant le fait que « le médicament ne peut être une variable d’ajustement, au bénéfice d’autres postes de dépense, pourtant moins stratégiques pour l’économie française », le LEEM considère que les différents instruments de régulation mis en place « n’intègrent que trop peu (les) différentes composantes du médicament » et que l’objectif de croissance du CA des médicaments qui a été fixé à -1 % pour 2015 et 2016 « constitue un très mauvais signal pour l’investissement en France ».

Les pharmaciens ne captent que 21,5 % du chiffre d’affaires des médicaments remboursables

Sur le chiffre d’affaires exprimé en prix publics des médicaments remboursables vendus par l’officine, le fabricant a perçu 65,5 % en 2015. Le LEEM note également que, depuis cette année, la part de la rémunération des pharmaciens dans la décomposition moyenne du CA des médicaments remboursables a diminué pour se fixer à 21,5 %. Une baisse en partie due à l’évolution du système de rémunération du pharmacien qui perçoit désormais un honoraire de dispensation pour chaque boîte vendue. Celui-ci ne rentrant pas dans le calcul du prix public TTC du médicament, il n’est donc pas comptabilisé dans la décomposition moyenne du CA des médicaments remboursables. La part des médicaments remboursables prescrits représente, quant à elle, en moyenne, 72 % du CA d’une officine pharmaceutique contre 5,2 % pour les non remboursables et non prescrits et 2,4 % pour les non remboursables prescrits.

Après avoir relevé que « la France reste caractérisée en Europe par la faiblesse de son marché d’automédication (non remboursable), en dépit de l’initiative autorisant les officinaux à proposer l’accès direct du patient à environ 200 produits dans l’officine », les industriels du médicament soulignent également que « le contrôle des prix pénalise lourdement les médicaments remboursables anciens, dont le prix producteur baisse régulièrement ». Enfin, le LEEM rappelle que les résultats d’une étude du Comité économique des produits de santé (CEPS) de 2014 montrent que, dans le cas de médicaments remboursés sous brevet et dont leur chiffre d’affaires est supérieur à 100 millions d’euros pour les produits de ville et à 50 millions d’euros pour les produits vendus à l’hôpital, les prix français sont, dans la moitié des cas, inférieurs au plus bas prix européen. Pour 93 % d’entre eux, les prix français sont inférieurs à la moyenne de cinq pays européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie).

Source : jim.fr