Primes à l’embauche des PME : succès foudroyant

En un mois, ce sont près de 28 000 demandes de primes à l’embauche qui sont parvenues sur le site du Ministère. Etat des lieux.

Retour rapide sur le dispositif

Pour soumettre une demande de prime à l’embauche, il faut être une PME ayant employé en moyenne moins de 250 salariés en 2015. La demande doit concerner un poste en CDI ou CDD supérieur à 6 mois. La prime obtenue se monte jusqu’à 2 000 euros par an, versé tous les 3 mois au prorata des trimestres de présence dans l’entreprise.

Pour les CDI et CDD longue durée, elle peut courir jusqu’à 24 mois de présence et donc atteindre 4 000 euros sur 2 ans. Le dispositif cible les rémunérations jusqu’à 1,3 SMIC, soit 22 877 euros annuels, sur la base d’une durée de travail hebdomadaire de 35 h.

Une dynamique qui ne cesse d’augmenter

D’après le Ministère du travail, le rythme d’afflux des demandes dépasse dorénavant les 1 000 demandes par jour. D’ores et déjà les déclarations d’embauche ont augmenté de l’ordre de 5% en janvier 2016, par rapport à janvier 2015.

Le chiffre avancé par les Pouvoirs publics, soit 50 000 créations nettes d’emploi en 2016, semble donc atteignable. Pour autant le Gouvernement affirme que la montée en charge actuelle était prévue et n’envisage pas pour le moment d’augmenter l’enveloppe initiale de l’aide, dotée de 1 Milliards d’euros par an.

Effet d’aubaine ou tendance pérenne ?

La question mérite d’être posée, car le succès rapide de cette mesure ne manque pas d’interpeler. Il est bien entendu trop tôt pour répondre à cette interrogation. N’empêche, le rapprochement avec la prime à l’embauche du premier salarié, créée en 2015, avait eu un impact nettement moins important : seulement 8 000 demandes en 6 mois.

Par ailleurs, le montant de l’aide s’avère peu ou prou être l’équivalent des charges sociales pour un SMIC. Dès lors, quel est le portrait type de la PME qui dépose une demande de prime à l’embauche version 2016 ? Cela voudrait-il dire que les PME entendent profiter de cette aubaine pour augmenter leur compétitivité, sans pour autant parier sur la pérennité du poste ? Quid du nombre de CDD coïncidant avec la période de versement de la prime ?

En attendant des analyses chiffrées, la Ministre du travail apporte cette vision : « L’idée ici est d’accélérer les créations d’emplois et de créer un climat de confiance le temps que la transformation du CICE en baisse définitive de charges soit effective ».

En substance, sur le plan des comptes publics, la création de postes a toujours son pendant qui est la baisse d’autres charges publiques comme l’assurance chômage et les aides sociales diverses. Assez pour compenser le Milliard d’euros par an ? Et surtout, quel sera le solde positif après les 24 mois d’aide ? Aucune tentative d’estimation n’a été faite dans ce sens …

Source : comptanoo.com