Près d’un Français sur deux bénéficie d’au moins une prestation de la CAF

Dans le dernier numéro de sa lettre d’information « L’e-ssentiel », la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) publie les chiffres des prestations versées par les CAF en 2015. Au 31 décembre de l’année dernière, la branche Famille couvrait près de 31,1 millions de personnes (adultes et enfants), bénéficiant d’au moins une prestation versée par les CAF en métropole et dans les DOM. Au total 47% de la population française, répartie dans 11,8 millions de foyers, est ainsi couverte par les prestations des CAF et a bénéficié l’an dernier de plus de 70 milliards d’euros de prestations directes.

Un léger recul de 0,2% du nombre d’allocataires, mais avec des contrastes

Le nombre de bénéficiaires en décembre 2015 enregistre un léger recul (-0,2%) par rapport à la même période en 2014. Cette quasi stagnation recouvre toutefois deux mouvements opposés : le nombre de bénéficiaires relevant des prestations de solidarité et d’insertion (dont le RSA et l’AAH) progresse de 3,7%, alors que les effectifs de ceux relevant des aides à la petite enfance reculent de 4,3%. Ce recul est dû essentiellement à celui de la Paje, la prestation d’accueil du jeune enfant (-4,3% en 2015 et -6,3% depuis quatre ans). La Cnaf précise que « malgré la baisse du nombre de naissances constatée par l’Insee, cette évolution est davantage liée aux changements réglementaires intervenus en 2015 ou à des changements de comportements qu’au facteur démographique ».

L’étude de la Cnaf met également en évidence des écarts territoriaux, même s’ils demeurent relativement modestes. Ainsi, les trois quarts des départements ont enregistré l’an dernier une baisse du nombre de bénéficiaires. Mais certains sont nettement plus impactés que d’autres, à l’image du Jura (-1,9%), de l’Orne (-1,9%) et de la Haute-Saône (-1,8%). A l’inverse, les départements urbains affichent plutôt une hausse de leur nombre de bénéficiaires (à l’exception de Paris et du Nord), de même que les DOM (à l’exception de la Martinique).

Progression pour les prestations enfance et jeunesse, recul pour le logement

En termes de types de prestations – et en dehors des catégories déjà citées -, les prestations enfance et jeunesse enregistrent une légère hausse (+0,3%) et bénéficient à plus de 5,8 millions de familles. Les progressions les plus marquées concernent l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH, +4,4%) et le complément familial (+3,7% en 2015), réservé aux familles modestes.

En matière d’aides au logement, le nombre de foyers bénéficiaires (6,3 millions pour 13,2 millions de personnes couvertes) affiche une très légère baisse de 0,2%. Cette diminution fait toutefois suite à quatre années de croissance soutenue des effectifs d’allocataires (+4,8% depuis 2010). Au sein de ces prestations, l’aide personnalisée au logement (APL) reste positive (+0,6%), alors que l’allocation logement à caractère social (ALS) et l’allocation logement à caractère familial (ALF) reculent respectivement de 0,4% et 1,6%.

De plus en plus d’allocataires isolés

Parmi les prestations relevant de la solidarité et de l’insertion, le contraste est fort entre le RSA socle (+2,5%, dont +1,3% pour le RSA socle seul et +8,9% pour le RSA socle et activité) et le RSA activité seul (+10,7% en 2015, après +9,8% en 2014).
Pour sa part, l’AAH continue de progresser de 2,1%, pour atteindre 1,02 million de bénéficiaires. Alors que l’AAH est moins soumise que le RSA aux aléas de la conjoncture économique, la Cnaf estime que cette hausse s’explique pour partie « par les conséquences des dernières réformes des retraites, qui peuvent conduire les bénéficiaires de l’AAH à décaler la date de leur départ ».

Enfin, l’étude de la Cnaf apporte une dernière information, de nature plus transversale. Elle montre en effet qu’en dix ans, les personnes isolées (avec ou sans enfants) sont devenues majoritaires parmi les allocataires. En 2007, les isolés et les couples se répartissaient à parts quasi égales. Mais, en 2015, les allocataires vivant sans conjoint représentent 54% du total, contre 46% pour les couples.

Source : localtis.info