Près d’un Français sur deux attend trop pour aller chez le dentiste

La visite en cabinet dentaire pour un dépistage, des conseils et des soins de prévention n’est pas encore un réflexe pour tous les Français.

Encore 45% des Français ne se rendent chez un dentiste qu’en cas d’urgence. Pourtant, à ce stade, les soins sont souvent plus lourds et plus coûteux. Un constat qui motive l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD) et son réseau de dentistes à continuer à se battre pour faire de la prévention dentaire une priorité dans les politiques de santé publique mais aussi sur le terrain. Les besoins sont toujours là, comme l’a rappelé mardi sa présidente, le Dr Sophie Dartevelle, lors d’une conférence de presse sur les 50 ans de l’association.

«Toutes les maladies bucco-dentaires comme la carie et les maladies parodontales (maladies de la gencive et de l’os) peuvent être totalement évitées grâce à un comportement adapté», explique Sophie Dartevelle, insistant sur l’importance de continuer la sensibilisation en matière d’hygiène dentaire et alimentaire. «Nous devons intensifier nos actions dans les écoles, former les personnels médico-sociaux pour qu’ils diffusent le message aux seins des maisons de retraite ou dans les centres pour personnes en situation de handicap» souligne-t-elle.

Elle rappelle également la nécessité d’aller à la rencontre des plus vulnérables et démunis par l’intermédiaire d’associations comme la Croix Rouge Française. Comme ces familles renoncent souvent aux soins pour des raisons financières, il est essentiel de les encourager à acquérir les bons gestes d’hygiène et à consulter plus régulièrement. Se faire soigner une petite carie est totalement remboursé et évite les soins plus compliqués et chers comme la pose d’une couronne qui restent en majorité à la charge du patient. L’UFSBD plaide aussi pour que les produits d’hygiène dentaire soient considérés comme des produits de première nécessité et donc détaxés pour permettre aux plus démunis d’effectuer les gestes de prévention simple.

Un gage de bonne santé générale

Si, en 20 ans, le nombre de caries chez les enfants a déjà été divisé par 4, il reste encore des progrès à faire à tous les âges de la vie. Un brossage biquotidien pendant 2 minutes avec un dentifrice fluoré, l’utilisation du fil dentaire chaque soir, une alimentation équilibrée, une visite de prévention par an visant à diffuser des conseils adaptés permettraient encore d’améliorer la santé bucco-dentaire des Français, estime l’association.

L’Assurance maladie propose déjà un bilan bucco-dentaire accompagné d’une séance de prévention totalement pris en charge et sans avance de frais aux enfants âgés de 6, 9 et 12 ans et aux femmes enceintes de 4 mois . «C’est très bien mais ça ne suffit pas, on continue à faire du lobbying pour que ce genre de consultations apparaissent pour les enfants dès trois ans, et pour les autres tranches d’âge car la carie est une pathologie universelle qui concerne toute la population à tous les âges de la vie», s’appesantit le Dr Dartevelle. Dès l’apparition des premières dents, les enfants peuvent développer des caries s’ils s’endorment avec un biberon contenant un liquide sucré (lait, eau sucrée, sirop). «Les dents de laits, même si elles tombent, doivent être brossées, surveillées et soignées car elles ont un retentissement sur la santé générale et les dents définitives», rappelle Céline Poulet, de la Croix Rouge française. Il y a trois fois plus de risques d’avoir des caries sur les dents définitives quand on a eu des caries sur des dents de lait. Les femmes enceintes doivent aussi être sensibilisées au fait que les problèmes dentaires ou gingivaux peuvent avoir un effet néfaste sur leur fœtus. Enfin, le déchaussement des dents n’est pas une fatalité liée au grand âge. Il est dû à est une maladie d’origine infectieuse et inflammatoire qui attaque la gencive et l’os qui peut survenir jeune et que l’on peut traiter.

Seulement 36 % des Français sont conscients que les problèmes bucco-dentaires sont susceptibles d’entraîner des problèmes cardiaques, articulaires et de participer à l’entretien des maladies chroniques. «Personne ne peut se déclarer en bonne santé s’il n’est pas en bonne santé bucco-dentaire. En ce sens, les recommandations d’hygiène dentaire sont de véritables recommandations de santé», conclut la présidente de l’UFSBD.

Source : santé.lefigaro.fr