Le premier budget de la Sécu de l’ère Macron dans sa dernière ligne droite

Ce texte, porté par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, revient ce mardi à l’Assemblée. Il met en œuvre plusieurs promesses de campagne, dont la hausse de 1,7 point de la CSG.

Examiné en nouvelle lecture à l’Assemblée, après l’échec de la commission mixte paritaire le 22 novembre, le premier budget de la Sécu sous l’ère Macron entre dans sa dernière ligne droite et doit être officiellement entériné dans l’Hémicycle la semaine prochaine. Les députés s’exprimeront alors, à de rares exceptions près (des amendements de précision), sur la mouture adoptée par l’Assemblée le 31 octobre.

Ce texte, qui marque un retour à l’équilibre du régime général, ambitionne de réduire le déficit de la Sécu de 3 milliards d’euros pour atteindre 2,2 milliards – le plus faible depuis 2001. Il est défendu par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, comme «le budget des promesses tenues» alors que la droite juge qu’il «n’est pas à la hauteur» et critique «l’absence de réforme structurelle». Les comptes se redressent «uniquement grâce aux réformes précédentes, notamment celle des retraites de 2010, et à la situation économique favorable, les comptes sociaux étant très sensibles à la conjoncture», a réagi Éric Woerth, le président LR de la commission des finances et ancien ministre des Comptes publics.

Sur le fond, les 57 articles du texte – qui ont donné lieu à 1961 amendements – reprennent plusieurs promesses emblématiques de campagne, comme l’adossement du régime social des indépendants (RSI) au régime général ou encore la transformation du CICE en baisse de cotisation dès 2019. Le texte prévoit aussi toute une série de mesures en faveur des entrepreneurs, comme le doublement du plafond du régime de la microentreprise.

La principale passe d’armes avec l’opposition a porté sur la hausse de 1,7 point de CSG en contrepartie de la baisse de 3,15 points de cotisations salariales. Un engagement clé du candidat Macron, défendu par le gouvernement au nom du «soutien à l’activité économique et au pouvoir d’achat» mais accusé par la droite de faire «perdre 4 milliards d’euros de pouvoir d’achat à huit millions de retraités». À l’Assemblée, le groupe LR a même déposé une motion de rejet préalable sur cet article dénonçant un «coup de force» et «un cavalier social». Seule concession apportée: le gouvernement a revu sa copie pour que les personnes âgées en maison de retraite, soumises à la hausse de la CSG, puissent effectivement bénéficier de la baisse de la taxe d’habitation. Pour les retraités les plus modestes, le budget prévoit aussi une revalorisation de l’Aspa, ex-minimum vieillesse, de 100 euros par mois sur trois ans (pour un coût de 525 millions d’euros).

Autre point d’achoppement frontal avec l’opposition: la politique familiale, avec la baisse de l’allocation de base du jeune enfant (Paje) qui va toucher les classes moyennes, et ne sera pas totalement compensée par la hausse des prestations en faveur des familles monoparentales.

En matière de santé, le budget desserre un peu le verrou de l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam) dont la hausse est fixée à +2,3 % (contre 2,2 % cette année et 1,8 % en 2016). Malgré cette progression, le budget prévoit 4 milliards d’euros d’économies par rapport à la hausse naturelle des dépenses. Elles porteront en priorité sur le médicament et {…}

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Source : lefigaro.fr