Pourquoi le cancer du pancréas progresse-t-il autant ?

En l’absence de progrès décisif, cette maladie de sombre pronostic pourrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d’ici à l’an 2020.

Des personnes célèbres atteintes du cancer du pancréas, on en connaît tous. Cette maladie a, en effet, causé la mort du génial fondateur d’Apple, Steve Jobs, du courageux cycliste Laurent Fignon, des talentueux chanteurs Claude Nougaro et Lucien Pavarotti ou encore du député socialiste du Nord Patrick Roy. Son nom fait peur et, si son pronostic reste redoutable, c’est en grande partie lié au fait qu’il est le plus souvent diagnostiqué à un stade tardif, en raison de l’absence de symptômes spécifiques. Le but de la 3e Journée mondiale de lutte contre le cancer du pancréas – qui a lieu ce jeudi – est, justement, de sensibiliser les professionnels de santé et le public à cette maladie qui pourrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d’ici à l’an 2020.

Cette pathologie, qui touche un peu plus souvent les hommes que les femmes, apparaît en général autour de la soixantaine. Sur le site de la Fondation A.R.CA.D (Aide et recherche en cancérologie digestive), on peut lire que le fait de fumer triple les risques et avance l’âge de sa survenue. Le diabète est une complication assez fréquente de ce cancer, mais aussi un facteur favorisant son apparition. Quant à l’alimentation, son rôle est discuté. Il semble néanmoins qu’une nourriture riche en graisse et en protéines augmente un peu les risques alors qu’une consommation importante de fruits et de légumes le réduit. Enfin, la pancréatite chronique – liée en général à l’abus d’alcool pendant des années – multiplierait par vingt le risque théorique de survenue de ce cancer. En revanche, l’hérédité intervient très peu.

Difficilement détectable à un stade précoce

Le principal problème de ce cancer est celui de son diagnostic, car ses symptômes n’ont rien de spécifique, ce qui le rend difficilement détectable à un stade précoce. Néanmoins, plusieurs signes doivent alerter, a fortiori s’ils sont présents simultanément. Il s’agit d’abord d’une douleur, souvent intense et lancinante, dans le creux de l’estomac, et qui se projette « en ceinture » sous les côtes et en arrière. Un amaigrissement rapide et important est notamment lié à la perte de l’appétit ainsi qu’à une moins bonne digestion des aliments. Une jaunisse apparaît progressivement, tout comme une coloration brune des urines, quand le canal cholédoque, comprimé par la tumeur, ne peut plus acheminer la bile dans l’intestin. Parfois aussi, le patient se plaint de démangeaisons, de selles grasses ou encore de vomissements après les repas. Toutes ces manifestations doivent inciter à consulter rapidement. Un scanner pourra alors être envisagé.

Le traitement dépend de l’étendue du cancer diagnostiqué. Si sa taille est réduite, la tumeur est enlevée chirurgicalement. Si elle est « localement avancée », donc qu’elle a envahi de gros vaisseaux autour du pancréas ou certains organes proches (l’estomac, la rate…), les spécialistes préfèrent commencer par une chimiothérapie (sans ou avec radiothérapie) pour réduire son volume avant d’envisager une opération. En cas de métastases dans le foie, le péritoine ou les poumons, le traitement repose sur la chimiothérapie, éventuellement associée à des nouvelles thérapeutiques dites ciblées. Les dernières études indiquent que, actuellement, la chirurgie ne peut être proposée qu’à un patient sur cinq, en raison du diagnostic tardif de la maladie. Il est donc urgent de sensibiliser les patients et les médecins à ce cancer et d’encourager la recherche de nouveaux traitements.

Source : lepoint.fr