Pourquoi des milliers de foyers ont-ils vu leur APL disparaître ?

Depuis vendredi 5 août, le montant des APL est limité voir supprimé quand le loyer est considéré comme manifestement trop élevé par rapport aux revenus du ménage.

Depuis le 1er juillet 2016, et l’entrée en vigueur d’un décret de la loi de Finances publié le 7 juillet, le calcul des aides personnelles au logement (APL), qui était jusque-là délivrée à quelque 6,5 millions de bénéficiaires, locataires ou propriétaires, a changé. La CAF a mis en place des loyers plafond à partir desquels les allocations sont dégressives, puis nulles.

Cette mesure vise à prendre « mieux en compte la capacité financière effective et les besoins des ménages en prévoyant la dégressivité des prestations lorsque le loyer est supérieur à un plafond », indique le document. En clair : limiter, voire supprimer, le montant des APL quand le loyer est considéré comme manifestement trop élevé par rapport aux revenus du ménage.

Il s’agit selon le gouvernement de freiner l’inflation des loyers et donc de mieux les encadrer.

76.000 foyers concernés

Conséquences : depuis vendredi 5 août, date de versement de l’aide, 16.000 foyers ont vu leur aide disparaître et pour 60.000 autres l’allocation a diminué de 70 euros par mois en moyenne selon L’Express. La CAF assure avoir contacté les personnes concernées rapporte Libération.

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : selon la zone géographique et le nombre de personnes composants le foyer, des coefficients sont appliqués. Par exemple, une personne vivant seule en Île-de-France verra son APL diminuer si son loyer est compris entre 995 et 1171 euros/mois et supprimer au-delà. Pour un habitant d’une ville de moins de 100.000 habitants, la diminution sera effective pour un loyer compris entre 598 et 741 euros et supprimer au-delà.

Une mesure absurde selon Serge Incerti-Formentini, président d’honneur de la Confédération Nationale du Logement. « Une famille qui cherche du travail et qui est à Paris et qui n’a pas d’autres moyens que d’aller dans le privé pour se loger et payer plus de 1000/1200 euros. Comment voulez-vous qu’elle fasse, ce n’est pas de sa faute s’est-il insurgé au micro de France Info. Elle ne peut pas avoir un logement social, donc elle est obligée de faire des efforts pour se loger et on lui dit ‘votre loyer ne correspond pas à vos revenus’… C’est un peu le chien qui se mord la queue ».

Source : boursorama.com