Pour un diagnostic, un médecin reste plus fiable qu’une appli

Face à une liste de symptômes, les médecins posent le bon diagnostic du premier coup deux fois plus souvent que les applications d’auto-diagnostic.

Pour remédier aux erreurs des médecins, qui représentent entre 10 et 15% des diagnostics, l’Académie américaine de médecine a recommandé en 2015 d’avoir recours à l’intelligence artificielle. Mais, en matière de santé, les algorithmes sont-ils vraiment plus fiables que les humains?

Pour la première fois, une équipe de l’école de médecine d’Harvard a comparé l’efficacité des professionnels de santé à celle des machines. Les résultats de cette expérience, rapportés cette semaine dans la revue JAMA Internal Medicine, rassureront la profession: les médecins sont indéniablement plus performants que les logiciels de diagnostic.

15% d’erreurs subsistent
Les résultats sont sans appel: 72% des médecins ont posé le bon diagnostic du premier coup, contre 34% des applications. Les médecins se sont montrés particulièrement plus efficaces pour diagnostiquer les maladies graves et/ou rares. De même, 84% des praticiens ont fait figurer le bon diagnostic dans leurs trois premiers choix. Les logiciels, eux, ne l’avaient sélectionné dans leur «top 3» que pour la moitié des patients.

Au total, 243 spécialistes de médecine interne et 23 applications de diagnostic couramment utilisées ont été confrontés à 45 cas cliniques, comprenant des maladies plus ou moins communes à des intensités variables. Dans chaque cas, les médecins et les machines étaient chargés d’établir un diagnostic à partir d’une liste de symptômes. Aucune autre information n’était fournie sur les patients et les médecins n’ont pas procédé à un examen clinique.

Les médecins ont tout de même posé un mauvais diagnostic dans 15% des cas qui leur ont été présentés. «Reste à évaluer dans quelle mesure les algorithmes peuvent réduire les erreurs de diagnostics des praticiens», concluent les auteurs de l’étude.

Source : sante.lefigaro.fr