Pour 46 % des Français, c’était mieux avant

Une étude publiée aujourd’hui par la Drees (une direction du ministère des Affaires sociales et de la Santé) indique que 46 % des Français estiment que « c’était mieux avant ». Beaucoup ont un sentiment de « déclassement ».

« C’était mieux avant… » L’expression n’est pas nouvelle. Mais dit-elle la vérité ? Ou du moins une réalité ? La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (qui dépend du ministère des Affaires sociales et de la Santé) a cherché à le savoir

Aujourd’hui, elle publie une étude (réalisée en 2013-2014) sur le thème : « C’était mieux avant… l’opinion des Français sur leur situation par rapport à celle de leurs parents. »

Elle n’a posé qu’une seule question, simple : « Comparée à votre situation actuelle, diriez-vous de la situation de vos parents, au même âge, qu’elle était… », Les choix de réponse sont simples également : « Bien meilleure », « plutôt meilleure », « à peu près identique », « plutôt moins bonne », « bien moins bonne ». Mais ils sont très parlants.

Moins bien pour près de la moitié des Français

Par rapport à l’enquête précédente (réalisée en 2004), la Drees note que « les Français sont de plus en plus nombreux à penser que leur situation générale est moins bonne que celle de leurs parents ». C’est l’avis de 46 % des personnes interrogées. Ils n’étaient que 36 % il y a dix ans.

En revanche, 29 % estiment que leur situation est meilleure que celle de leurs parents. Là, la Drees enregistre une forte baisse : ils étaient 42 % en 2004. Un signe.

Sentiment de déclassement

L’étude insiste beaucoup sur le fait que de plus en plus de personnes ont un sentiment de déclassement. Un sentiment qui n’étonne pas quand on sait sur quoi il repose…

Ainsi, note la Drees, « le déclassement ressenti par les Français peut être lié à l’opinion qu’ils ont de leur situation actuelle ou future, voire à ce qu’ils pensent des inégalités, de la protection sociale, de la pauvreté ou de l’exclusion ».

Le chômage et/ou la difficulté à trouver un emploi est un élément majeur du mal-être. Ainsi que la précarité.

Ça dépend des générations

La Drees explique que ce ressenti est différent selon les générations. Ainsi, les retraités y sont moins sensibles. « Ces premières générations issues du baby-boom ou plus anciennes ont connu des trajectoires professionnelles objectivement plus favorables que celles de leurs aînés », indique-t-elle.

« La position sociale, définie par la catégorie socioprofessionnelle, des personnes nées dans les années 1940 s’est sensiblement améliorée par rapport à celle des générations des années 1920 et 1930 », note l’étude qui poursuit : « En revanche, celle des personnes nées à la fin des années 1950 et au début des années 1960 s’est dégradée. »

Pourquoi ? « Du fait d’une insertion professionnelle perturbée par la montée du chômage. Ainsi, malgré un niveau d’études plus élevé que celui de leurs ascendants, leur entrée sur le marché du travail dès la fin des années 1970 et au cours des années 1980 a été rendue difficile par la montée du chômage de masse en France au cours des années 1970, et qui perdure depuis. »

Les jeunes très touchés

C’est la population qui souffre le plus. Surtout dans la tranche d’âge 18-24 ans. Deux situations : les étudiants et les jeunes actifs. Les premiers se sentent un peu moins déclassés que les seconds (36 % contre 51 %).

L’insertion professionnelle n’est pas toujours aisée. Elle est une des sources du sentiment de déclassement. Pour la Drees, elle « correspond à un moment de désenchantement ». Et de souligner que « depuis les années 1990, les liens entre diplôme et salaire à l’entrée se sont en effet distendus ». Surtout pour les « surdiplômées ».

Source : ouest-france.fr