Pharmaciens : création de nouveaux honoraires

L’Assurance-maladie et l’un des deux syndicats représentatifs signent ce jeudi un avenant conventionnel.
Il peut transformer le modèle économique de l’officine.

Les pharmaciens sont les premiers professionnels de santé à conclure un accord conventionnel avec l’Assurance-maladie depuis l’élection présidentielle. Le plus petit des deux syndicats représentatifs, l’Uspo (43 % des voix) doit signer ce jeudi un avenant à la convention pharmaceutique qui a été tacitement reconduite au printemps. Cet accord vise à transformer le modèle économique des officines, en déconnectant de façon croissante les revenus des pharmaciens du nombre de boîtes de médicaments écoulées.

Seront créés en 2019 trois nouveaux types d’honoraires : sur chaque dispensation sur ordonnance (50 centimes), sur certains médicaments (2 euros), sur les délivrances pour des patients de plus de 70 ans ou moins de 3 ans (50 centimes). Ces honoraires augmenteront en 2020, tandis que le pourcentage perçu sur chaque boîte vendue baissera.

L’Assurance-maladie a promis 280 millions d’euros de financements sur trois ans pour accompagner cette bascule, dont 70 millions dès 2018. Pour rassurer les professionnels, elle indemnisera intégralement les 10 % de pharmaciens qui devraient perdre au change avec le nouveau mode de rémunération. S’y ajoute une clause de sauvegarde sectorielle, car la profession n’a aucune prise sur la baisse des prix des médicaments orchestrée par les pouvoirs publics, qui mine ses profits. Durant trois ans, la marge globale ne doit pas chuter en dessous de celle de 2016 (5,14 milliards d’euros) moins 1 %.

Le risque de baisse des revenus demeure donc. C’est ce qui a fâché Philippe Besset, le président de la FSPF, le syndicat majoritaire, non signataire : « En avril, nous avions un accord oral sur 300 millions de revalorisations, et 50 millions de nouvelles missions. Nous estimions que cela suffirait à compenser les baisses de prix à venir. Mais apparemment, il y a eu de nouvelles instructions. Nous regrettons cette politique du rabot. » Gilles Bonnefond, le président de l’USPO, préfère mettre en avant la bonne volonté du payeur public : « C’est la première fois que l’Assurance-maladie investit dans une vraie réforme du mode de rémunération. Il fallait 300 millions, on en a eu 280, mais on ne va pas faire de caprices. » L’introduction de deux honoraires dans la rémunération des pharmaciens en 2015 n’avait pas été accompagnée d’un bonus financier. Résultat, la marge a baissé de 190 millions en 2016, et continue à chuter depuis le début de l’année.

Source : lesechos.fr