Ordonnances travail : le point sur les mesures avant leur ratification à partir de mardi

Nouveau passage à l’Assemblée pour les ordonnances modifiant le droit du travail: leur ratification, au menu des députés à partir de mardi, doit sceller cette première réforme sociale du quinquennat Macron, toujours très décriée à gauche et par les syndicats.

Signées devant les caméras par le chef de l’Etat en septembre, les cinq ordonnances réformant le droit du travail sont entrées en vigueur peu après. Mais faute de ratification, elles deviendraient caduques.

Ces textes, portés par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et visant à « donner plus de liberté et plus de protection » aux entreprises et aux salariés, selon le gouvernement, passent entre les mains des députés toute la semaine, avant un vote solennel le mardi 28. Ils seront ensuite transmis au Sénat.

Leur ratification ne fait guère de doute, le projet de loi habilitant l’exécutif à réformer par ordonnances ayant été largement approuvé début août avec les voix de la majorité LREM et MoDem mais aussi des LR et Constructifs. La contestation continue mais semble affaiblie.

Voici les principales mesures des cinq ordonnances réformant le droit du travail, dont la ratification est débattue à partir de mardi par l’Assemblée.

Barème des indemnités prud’homales

Mise en place d’un barème des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif. Création d’un plafond, fixé à un mois de salaire en-dessous d’un an d’ancienneté, et qui augmente jusqu’à 20 mois de salaire.

Création d’un plancher, d’un mois à partir d’un an d’ancienneté, puis de trois mois à partir de deux ans, avec des niveaux dérogatoires dans les TPE (moins de 11 salariés).

En commission, les députés ont précisé que le plafonnement ne s’appliquera pas en cas de rupture du contrat de travail due à des manquements graves de l’employeur (harcèlement moral, sexuel, discrimination).

Augmentation, en contrepartie, des indemnités légales de licenciement, via un décret paru fin septembre. Jusqu’à 10 ans, cela représente une hausse de 25% de l’indemnité de licenciement, qui était jusqu’ici fixée au minimum à un cinquième de mois de salaire par année d’ancienneté. En revanche, la situation est inchangée au-delà de 10 ans.

Ruptures conventionnelles collectives

Les entreprises peuvent, par accord homologué par l’administration, lancer des plans de départ volontaires autonomes, en dehors de plans sociaux.

L’accord doit prévoir le niveau d’indemnités de tous les salariés volontaires. Jusque-là, les séparations à l’amiable n’étaient conclues qu’individuellement.

Un salarié dont le contrat de travail est rompu dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective a droit au bénéfice du congé de mobilité, ont précisé les députés en commission.

Licenciements économiques

Les difficultés économiques des groupes licenciant en France doivent être appréciées au niveau du territoire national, au lieu du monde.

Dialogue social des TPE-PME

Dans les entreprises de moins de 50 salariés dépourvues de délégués syndicaux, les employeurs doivent pouvoir selon les cas consulter directement les salariés pour ratifier un projet d’accord, ou négocier un accord avec des élus du personnel non mandatés par un syndicat.

Fusion des instances représentatives du personnel

Création du comité social et économique (CSE), issu de la fusion de trois instances de représentation du personnel: délégués du personnel, comité d’entreprise et comité d’hygiène, {…}

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Source : latribune.fr