Peut-on être accro au chocolat ?

Pâques est la période rêvée pour tous les amateurs de chocolat. Si la susbstance a de multiples vertus pour la santé, les processus neurologiques en jeu dans le cerveau sont les mêmes que pour la drogue.

Le chocolat serait-il aussi addictif qu’une drogue? Les processus neurologiques en jeu sont en tout cas identiques. Drogues et chocolat activent tous deux les circuits de la récompense dans notre cerveau. En effet, «le chocolat favorise la libération de dopamine, une hormone impliquée dans la dépendance à une substance», explique le médecin nutritionniste Franck Senninger.

Pour autant, peut-on considérer que cette dépendance au chocolat peut être aussi forte que l’addiction à une drogue? «Certaines personnes sont de mauvaise humeur si elles n’ont pas leur petite dose quotidienne de chocolat, mais cela ne va pas plus loin, affirme Franck Senninger. Si le manque devient trop important, cela cache très certainement un trouble plus grave du comportement alimentaire», poursuit-il.

Et concernant ses prétendues vertus aphrodisiaques, être accro au chocolat ne permettra malheureusement pas de mettre du piquant dans votre vie sexuelle. «Ce mythe vient de la présence de phényléthylamine dans le chocolat. Cette molécule est bien sécrétée lors des orgasmes, mais elle ne les provoque pas!», précise le nutritionniste.

Une mine d’or de bonne santé

Et si je suis accro au chocolat, est-ce grave docteur? «Non, pour une fois, c’est un vice très bon pour la santé», se réjouit Franck Senninger. Vitamines B1 et B2, polyphénols, magnésium, phosphore ou encore flavonoïdes… Le cacao possède plus de 800 substances différentes. «Une véritable mine d’or pour la santé», selon le nutritionniste.

En 2012, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a d’ailleurs rendu un avis positif sur ses vertus pour la santé cardio-vasculaire. De nombreuses études scientifiques ont aussi permis de montrer que le chocolat a un effet bénéfique sur nos capacités cognitives. «Le chocolat contient de la théobromine. Je l’ai surnommée la “molécule des agents secrets”, car cette substance psychoactive a un effet calmant tout en augmentant les capacités réflexes», s’amuse le nutritionniste.

Le chocolat a également des bénéfices sur la mémoire, la tension artérielle ou encore l’inflammation. Une étude suédoise, publiée en 2011 dans le journal du Collège américain de cardiologie, a montré qu’à raison de 50 grammes par semaine le chocolat diminue – chez les femmes – de 15% le risque d’accident vasculaire cérébral.

Attention aux abus

Plus récemment en 2012, des travaux ont montré que la consommation régulière (mais non excessive) de chocolat permettrait de prévenir l’obésité. En cause, ses antioxydants qui réguleraient les dépôts de graisse et compenseraient les calories associées au chocolat.

Attention néanmoins aux abus. Souvent le chocolat ne contient pas que du cacao, mais aussi des matières grasses et du sucre. Pour profiter au maximum de ses bénéfices, il est ainsi conseillé de préférer le chocolat noir, avec une concentration de plus de 70 à 80 % de cacao.

Source : lefigaro.fr