Le niveau de vie des Français encore inférieur à celui de 2008

La stagnation du niveau de vie des Français peut en partie s’expliquer par une faible revalorisation des salaires depuis la crise. En revanche, la situation des plus aisés s’est nettement améliorée depuis 2014 après plusieurs années de baisse.

Les effets de la crise se font encore ressentir. Malgré la bonne santé de plusieurs indicateurs relatifs au marché du travail et à l’activité publiés ces dernières semaines, le niveau de vie médian des Français est toujours en deçà de 2008. Selon les chiffres publiés par l’Insee ce mardi 12 septembre, le niveau de vie médian stagne encore plusieurs années après le pic de la crise. Il existe néanmoins de forts contrastes selon les catégories sociales.

Un niveau de vie médian à 1.692 euros par mois

D’après l’institut de statistiques, le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage en France métropolitaine est de 20.300 euros, soit 1.692 euros par mois. « Pour une famille composée d’un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans, ce montant correspond à un revenu disponible de 42.630 euros par an, soit 3.553 euros par mois. »

Pour 2015, le niveau de vie médian (voir la courbe D5 sur le graphique ci-dessous) est en hausse de 0,4% en euros constants. Mais cette augmentation « de faible ampleur ne remet pas en cause le constat de longue stagnation du niveau de vie médian depuis 2008, après la progression soutenue d’avant la crise. Il reste notamment toujours en deçà du niveau de 2008 ».

Hausse du niveau de vie des plus aisés

Après plusieurs années de baisse, le niveau de vie des plus aisés est reparti à la hausse. Le neuvième décile (D9) et le 95e centile (C95), qui correspondent aux catégories les mieux loties, ont augmenté respectivement de 1,4% et 2,3%. Les experts de l’Insee expliquent que cette inversion de tendance peut s’expliquer par le dynamisme des salaires et des pensions dans le haut de la distribution en 2015.

A l’inverse, les niveaux de vie ont tendance à stagner dans le bas de l’échelle. Et malgré les revalorisations de prestations sociales comme la majoration de 9% du complément familial versé aux familles nombreuses les moins aisées ou la revalorisation de 2% du revenu de solidarité active (RSA), cela n’a pas permis d’améliorer les niveaux de vie des catégories sociales inférieures. « Les hausses de prestations sociales étant en moyenne compensées par une baisse des revenus salariaux. »

Un taux de pauvreté relativement stable

Même si le taux de pauvreté a légèrement augmenté entre 2014 et 2015 (de 14% à 14,2%), cet écart n’est pas significatif d’un point de vue statistique pour les auteurs de l’étude. « On ne peut pas conclure à une hausse du taux de pauvreté en 2015. » {…}

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Source : latribune.fr